Histoire coloniale et postcoloniale

Ci-dessous, les articles les plus récents, concernant des rencontres, publications d’ouvrages, manifestations, expositions, ou proposant des réflexions sur les questions abordées par ce site.

publié le jeudi 16 avril 2020

Benjamin Stora, qui a quitté son Algérie natale encore adolescent, a grandi en France où il a fait des études d’histoire. Il a été l’un des premiers chercheurs à travailler dans l’université française sur l’histoire du mouvement national algérien et la guerre d’Algérie. Il a aussi écrit sur son parcours personnel et celui de sa famille, depuis son enfance dans le quartier juif de Constantine jusqu’à son engagement militant à l’extrême gauche, et ses désillusions. Six de ses livres parus entre 2003 et 2015, qui rendent compte de son itinéraire courageux, sont rassemblés par les éditions Robert Laffont dans un volume de sa collection « Bouquins » intitulé Une mémoire algérienne. Y compris son analyse sans complaisance des rapports du général de Gaulle et de François Mitterrand à l’Algérie.

publié le mardi 14 avril 2020

L’historien arabisant Jean-Pierre Filiu a publié en décembre 2019, aux éditions du Seuil, un essai intitulé « Algérie, la nouvelle indépendance ». Il souligne l’importance du mouvement déclenché en Algérie depuis le 22 février 2019, le hirak, où, dans tout le pays, des foules nombreuses d’hommes et de femmes exigent de reprendre le pouvoir aux mains d’une hiérarchie militaire protégée dans son arbitraire par un pouvoir civil de façade. Nous publions sa présentation par l’éditeur et les réactions à ce livre écrites pour notre site par le juriste Tahar Khalfoune, l’historien Daniel Rivet, spécialiste du Maroc et plus généralement du Maghreb, ainsi que la note de lecture de Gilles Manceron.

publié le samedi 11 avril 2020

Dans son livre, L’Algérie à gauche, Socialistes à l’époque coloniale, que Claire Marynower a publié aux Presses Universitaires de France (PUF, 2018), cette historienne et maîtresse de conférences à Sciences-Po Grenoble explique le rôle particulier et contradictoire qu’ont joué au début du XXe siècle les colons français de gauche dans l’Algérie française. Elle souligne l’ambigüité et la grande inefficacité de leurs positions. Nous reproduisons l’avant-propos de ce livre qui éclaire un pan oublié de l’histoire coloniale, ainsi que les journaux — dans les pages desquels on peut se déplacer — et les illustrations que « RetroNews », le site de presse de la Bibliothèque nationale de France (BnF), a choisis pour accompagner ce texte.

publié le vendredi 10 avril 2020

La commission sur les archives françaises relatives au Rwanda et au génocide des Tutsi, présidée par l’historien Vincent Duclert, a été installée en avril 2019 par Emmanuel Macron « pour un approfondissement de notre connaissance et de notre compréhension de cette entreprise terrifiante de destruction humaine » et pour « faire toute la lumière » sur le rôle de la France. Avant son rapport final qui doit intervenir en avril 2021, elle a remis une note intermédiaire le 5 avril 2020 (en lien ci-dessous). Nous publions la réaction de l’association Survie, un article paru dans Le Monde en avril 2019 sur l’absence dans cette commission des historiens Hélène Dumas (CNRS) et Stéphane Audouin-Rouzeau (EHESS) et l’émission La grande H où ces deux universitaires s’expriment sur la composition de la commission et pourquoi ils en ont été écartés.

publié le mercredi 8 avril 2020

Le 1er avril 2020, sur LCI, deux médecins ont évoqué des tests en Afrique pour essayer contre le coronavirus le vaccin BCG contre la tuberculose. Cette idée de prendre les Africains comme cobayes a suscité une vive indignation. Elle rappelle les nombreuses expériences faites tout au long de la période coloniale. Ci-dessous des extraits des travaux à ce sujet des historiens Grégoire Chamayou et Guillaume Lachenal, ainsi qu’un article d’Alain Ruscio sur les vaccins expérimentés durant la Première Guerre mondiale sur les soldats africains au camp du Courneau, près d’Arcachon. Gilles Manceron relève qu’à Fréjus et dans les camps du Midi méditerranéen, leur mortalité a été bien supérieure encore et se demande si ce n’est pas en rapport avec de telles expérimentations.

publié le dimanche 5 avril 2020

C’est grâce aux témoignages et aux documents qui lui ont été transmis que Pierre Vidal-Naquet a pu établir que la pratique de la torture durant la guerre d’Algérie a été institutionnalisée par l’armée française. L’une de ses principales sources fut l’appelé Jacques Inrep, qui, à la veille de sa démobilisation en août 1961, a photographié à la sauvette des documents tamponnés « secret » qui prescrivaient explicitement d’y recourir. Ci-dessous le récit de son acte courageux et de sa rencontre avec l’historien. Leur combat continue. Depuis peu, des instructions cherchent à entraver au mépris de la recherche historique la consultation de ce type de documents dans les archives publiques. La pétition lancée en février 2020 pour protester contre ce scandale réunit des milliers de signatures.

publié le samedi 28 mars 2020

Pendant longtemps, l’histoire des colonies françaises d’outre-mer s’est écrite sans les historiens professionnels. Puis trois principaux domaines de recherche ont émergé à partir de la fin des années 1990, acquérant une visibilité nationale : l’étude de la traite négrière et de l’esclavage ; l’analyse de l’histoire des Dom comme postcolonies ; et la publication d’outils de recherche bibliographiques grâce à un accès facilité aux archives. Une histoire « sans historiens », « mutique » ou encore « périphérique » ? Autant de formules aujourd’hui dépassées pour décrire l’état de la recherche sur les outre-mer. Bien ancrée dans les sciences sociales, cette histoire avance désormais à bon train, comme l’explique cet article très documenté.

publié le jeudi 26 mars 2020

Le livre d’Armelle Mabon Prisonniers de guerre « indigènes ». Visages oubliés de la France occupée (La Découverte, 2010) a été récemment réédité, augmenté d’un copieux chapitre, fruit de nouvelles recherches de l’historienne sur le massacre de Thiaroye perpétré par l’armée coloniale française au Sénégal en décembre 1944 contre des tirailleurs dont beaucoup avaient rejoint en France la Résistance et qui demandaient simplement les soldes qu’on leur avait promises. Il fait le point sur le procès scandaleux fait en 1945 à trente-quatre survivants du massacre. Nous en publions ici un extrait et présentons également le combat de Biram Senghor pour la réhabilitation de son père, M’Bap Senghor, qui n’a obtenu jusqu’ici qu’une surprenante modification par le Service historique de la Défense d’une archive publique.

publié le mercredi 25 mars 2020

De 1955 à 1959, la doctrine officielle de l’armée française, dite de la « guerre révolutionnaire » (DGR) et visant à « conquérir les cœurs et les esprits » de la population au sein de laquelle évoluait l’« ennemi » en Algérie, préconisait des méthodes « non conventionnelles » : action psychologique et désinformation, déplacements forcés de population, disparitions forcées, torture, exécutions extrajudiciaires, recours aux milices de supplétifs. Il est important de mieux connaître cette doctrine « antisubversive », car certains de ses axes structurants ont retrouvé depuis les années 1990 une actualité au sein des forces armées des puissances occidentales. Et ils imprègnent de plus en plus l’imaginaire de guerre de nombre de leurs dirigeants.

publié le mercredi 25 mars 2020

Lors de sa visite à Josette Audin en septembre 2018, le président Macron a non seulement reconnu que Maurice Audin a été tué en juin 1957 par l’armée française qui le détenait et que cela a été rendu possible par une pratique généralisée de tortures et disparitions forcées, il a aussi annoncé l’ouverture des archives sur tous les disparus de la guerre d’Algérie. La journée d’étude le 20 septembre 2019 à l’Assemblée nationale sur « Les disparus de la guerre d’Algérie du fait des forces de l’ordre françaises : vérité et justice » a souligné l’urgence de cette mesure. Les Archives nationales ont annoncé pour le 27 mars 2020 une journée d’étude sur ce sujet (reportée en raison du contexte sanitaire) et la présentation d’un guide numérique pour les familles.