Histoire coloniale et postcoloniale

Les guerres des mémoires

publié le 24 juin 2017
Guerre d’Algérie : le douloureux héritage

Cinquante ans après ce 1-er novembre 1954 qui marqua le début de la guerre d’indépendance, la plaie est toujours vive au sein des deux sociétés. En France, des ressentiments resurgissent au gré de l’actualité, tandis qu’en Algérie la culture de la violence n’en finit pas de causer ses ravages. L’historien Benjamin Stora [1] analyse ces retours d’histoire.

Article paru dans Politis le 28 octobre 2004.

 
Guerre d’Algérie : 1999-2003, les accélérations de la mémoire, par Benjamin Stora

Si l’écriture de l’histoire de la guerre d’Algérie ne fait que (re)commencer, ses témoins et survivants s’expriment des deux côtés de la Méditerranée. Depuis que la France a reconnu, en juin 1999, que le terme de “guerre” qualifie les “événements” survenus en Algérie entre 1954 et 1962, une “flambée de mémoire” a bousculé en profondeur celle des vétérans. Un rattrapage accéléré, émaillé de durcissements internes aux deux pays, puis d’un rapprochement politique récent. Une page douloureuse semble enfin se tourner.

par Benjamin Stora, professeur d’histoire du Maghreb
à l’Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco), Paris.

[Français et Algériens, hommes & migrations n° 1244, juillet août 2003]

 
quêtes mémorielles et histoire nationale par Suzanne Citron

Les stéréotypes de « l’histoire de France », hérités du XIXe siècle, doivent être reconnus et démystifiés.

Un article de Suzanne Citron [2]
publié dans Libération le 24 octobre 2005

 
Trop de mémoire, trop d’oubli... , un entretien avec Claude Liauzu

La colonisation et la décolonisation font l’objet d’une intense guerre de mémoires.

L’Observatoire du communautarisme a demandé à l’historien Claude Liauzu [CL] de dessiner le paysage ...

Un entretien publié le 10 décembre 2005 sur le site de l’Observatoire du communautarisme [OC].

 
Guy Pervillé : reconsidérer notre passé avec un esprit critique

Il y a une demi douzaine d’années, Guy Pervillé a écrit un texte intitulé « l’histoire peut-elle réconcilier les mémoires antagonistes de la guerre d’Algérie ? ». Il faut le relire aujourd’hui
 [3].

Comme contribution au débat franco-français qui se développe en France, nous en proposons ci-dessous un large extrait qui n’aborde qu’un aspect du problème, et nous remercions Guy Pervillé de nous y avoir autorisés.

 
Benjamin Stora : je sens le développement d’une forme de communautarisme mémoriel

Après une année marquée par de houleux débats sur le passé colonial, l’historien Benjamin Stora revient sur le poids persistant de la guerre d’Algérie dans la société française.

Un entretien réalisé par Rosa Moussaoui, publié le 26 juillet 2006 dans l’Humanité, avec l’intitulé «  le récit colonial n’a été pris en charge ni par les partis politiques, ni par l’école ».

 
Benjamin Stora : il faudrait qu’un consensus national se fasse sur la reconnaissance de la souffrance des autres

Benjamin Stora publie un livre d’entretiens avec Thierry Leclère, « La guerre des mémoires. La France face à son passé colonial », dont vous trouverez la présentation ci-dessous [4].

Nous avons choisi de vous en proposer deux extraits en bonnes feuilles : dans le premier Benjamin Stora donne son point-de-vue sur le projet controversé de mémorial de la France outre-mer à Marseille ; dans l’autre il tente de répondre à la question : « Que faire pour dépasser cette guerre des mémoires ? ».

 
Algérie, la guerre des mémoires, par Eric Savarese

Comment les pieds-noirs d’Algérie construisent-ils une identité du souvenir ? Quels peuvent être les usages sociaux et politiques des mémoires coloniales ? Dans quelle mesure est-il possible de définir l’élaboration de stratégies identitaires associées à la formulation de souvenirs de la colonisation et d’identifier les acteurs qui élaborent ces stratégies ? Comment des mémoires coloniales concurrentes s’affrontent-elles, tout en se recomposant ? Quel peut être le rôle du politique en matière de gestion des mémoires ? Comment s’élaborent, et sous l’influence de quels acteurs ou facteurs, des politiques commémoratives à travers lesquelles une sélection de souvenirs acquièrent le statut d’histoire officielle ?

C’est à toutes ces interrogations que le nouveau livre d’Eric Savarese [*] tente de répondre, en soulignant l’étendue du travail qu’il reste à accomplir. Vous trouverez ci-dessous un extrait de l’introduction (les pages 10 à 14).

 
la guerre des mémoires - la France face à son passé colonial

Il y a un peu plus d’un an, paraissait un livre d’entretiens de Benjamin Stora avec Thierry Leclère, La guerre des mémoires [5]. Il faut (re)lire ce petit ouvrage, où l’historien spécialiste du Maghreb nous aide à mieux comprendre l’imbrication entre histoire et mémoire, question coloniale et immigration... en attendant la parution de son prochain livre, Les guerres sans fin. Un historien, la France et l’Algérie.

 
la France et ses guerres de mémoires

Depuis le milieu des années 1990, la notion de guerres de mémoires s’affirme dans le débat public. Les termes de « repentance » et de « lois mémorielles » sont entrés dans le discours politique et la « mémoire » devient un enjeu du présent. Les médias, les historiens, et les responsables politiques s’engagent et certains évoquent même un risque de débordement mémoriel, en particulier à propos de l’histoire coloniale. Le souvenir de la Grande Guerre, celui de la Shoah questionnent toujours le présent sur la manière d’appréhender et de commémorer le passé.

L’ouvrage dirigé par Pascal Blanchard et Isabelle Veyrat-Masson, Les guerres de mémoires, La France et son histoire [*] réunissant historiens, politologues, anthropologues ou sociologues, montre qu’au cours du XXe siècle une longue suite de conflits mémoriels a permis de faire entrer le passé dans le présent.

Nous en reprenons la préface de Benjamin Stora.

 
la guerre des mémoires, vue par le New York Times

Dans son édition du 4 mars 2009, le New York Times a publié un article de Michael Kimmelman intitulé « In France, a War of Memories Over Memories of War », consacré notamment aux polémiques qui se développent à propos des monuments et du projet de musée de Perpignan autour des mémoires de l’Algérie française.

Le texte a été repris dans l’édition du 14 mars 2009 du supplément du Monde constitué d’articles repris du New York Times ; il reste accessible sur le site internet du journal. Nous en proposons ci-dessous une traduction libre.

Nous complétons ce petit dossier avec la réponse adressée à Michael Kimmelman par Jacques Pradel, président de l’association des pieds noirs progressistes et leurs amis.

[Mise en ligne le 7 mars 2009, complétée le 17 mars 2009]
 
Benjamin Stora : « il faut en finir avec la guerre des mémoires »

L’historien, spécialiste de la guerre d’Algérie, évoque dans son nouveau livre son enfance juive à Constantine samedi 26 septembre aux Chapiteaux du livre à Béziers. Un récit personnel qui complète une oeuvre scientifique au-delà des polémiques.

Benjamin Stora était l’invité des Chapiteaux du livre samedi 26 septembre à 21h pour une grande conférence autour de son nouvel ouvrage Les clés retrouvées : une enfance juive à Constantine (Ed. Stock).

 
guerre d’Algérie : pour un armistice mémoriel

Un historien, petit-fils de pieds-noirs, plaide pour la construction d’une mémoire commune et non militante. [6]