le collectif de Perpignan continue à dire NON

publié le 5 septembre 2007 (modifié le 6 septembre 2007)

Le collectif sera présent samedi 1er septembre 2007 à Visa pour l’image, devant le couvent des Minimes. A cette occasion, il distribuera le texte que nous reproduisons ci-dessous.

[Première mise en ligne le 30 août, mise à jour le 5 septembre 2007]

359 530 € pour le Mur des disparus.

C’est toujours NON au musée de la Mairie de Perpignan, à la gloire de la colonisation

Perpignan, le 30 août 2007


Il y a un an à cette même date, nous faisions connaître le projet de création par la Mairie de Perpignan d’un « centre de la présence française en Algérie » implanté dans le bâtiment du couvent Sainte-Claire, lieu relevant du patrimoine municipal. Par ailleurs la mairie confiait la réalisation de ce centre-musée ouvert au public au Cercle Algérianiste des PO, organisation de pieds-noirs nostalgiques de l’Algérie française. Elle lui confiait également l’érection dans le jardin du couvent Sainte-Claire d’un « Mur des disparus, morts sans sépulture en Algérie (1954-1963) ». Nous faisions remarquer que dès lors que ce mémorial allait se trouver sur un espace public, il ne pouvait relever « d’une initiative associative et privée » et que bien sûr il donnait une coloration partisane au centre-musée. Nous ne pouvons imaginer un mémorial qui ne rende pas hommage à toutes les victimes de la guerre d’Algérie.

Un an après, la Mairie de Perpignan persiste, vote une subvention de près de 360 000 euros et annonce, toujours en collaboration avec le Cercle algérianiste, que le Mur des disparus sera inauguré le 25 novembre à Perpignan à l’occasion du congrès national des cercles algérianistes. Avec la musique de la Légion Etrangère et une récupération de tous ceux qui persistent dans l’apologie du colonialisme.

Notre collectif qui regroupe 36 associations n’a cessé toute cette année de faire la transparence sur les projets de la Mairie et d’ouvrir le débat le plus largement possible. Onze universitaires et chercheurs spécialistes de l’histoire de l’Algérie proposent une approche pluraliste pour un musée consacré à l’Algérie de 1830 et 1962, « pour réunir et non diviser » [1].

Malheureusement, M. Alduy et M. Pujol, le maire et son premier adjoint, restent sourds aux interpellations et questionnements. Ils prennent ainsi le risque de la division, le risque d’attiser la haine et le communautarisme.

Plus que jamais nous sommes résolument opposés à un musée faisant l’apologie du colonialisme. D’autant plus que nous sommes persuadés qu’un centre de documentation et d’études pour la réconciliation et la paix est encore possible.

Le 5 septembre, à l’occasion d’une conférence de presse, les représentants du collectif ont « occupé » le couvent Sainte Claire (photo RH).


Le collectif Non au musée de la Mairie de Perpignan à la gloire de la colonisation :

ACCA, AFPS66, Anciens Appelés en Algérie contre la guerre, Association Harkis et Droits de l’Homme, ANACR, ANCAC, ANPROMEVO, ARAC, ASTI, ATTAC, CFDT Interco 66, CGT, Comité Vérité Justice pour Charonne, Coup de Soleil des PO, Femmes Solidaires, FNACA, France El Djazaïr, FSU, LCR, Les amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs compagnons, Ligue des Droits de l’Homme, MJCF, Mouvement de la Paix, MRAP, MRC, PCF, PRG, RASLFRONT, SNES, SNESUP, SUD Santé Sociaux, SURVIE 66, UNEF, UNSA, UNSA Education, les Verts…


Le couvent Sainte-Claire en travaux.

[1La page Eric Savarèse : en finir avec les guerres de mémoires algériennes en France ? de notre site reprend la dernière partie du rapport et permet de prendre connaissance du rapport dans son intégralité.