interdiction de la manifestation d’anciens de l’Algérie française annoncée pour le samedi 7 juin à Perpignan

publié le 7 juin 2008 (modifié le 8 juin 2008)

[Dates des mises en ligne :
l’article de L’Indépendant du 7 mai (publié en PS) : le 7 juin
la décision d’interdiction : le 5 juin
l’annonce de la conférence de presse du 4 juin à Paris : le 31 mai
l’appel du collectif perpignanais : le 24 mai]

Perpignan : le préfet interdit une manifestation d’anciens de l’Algérie française

[ AP - 05.06.2008 - 14:47]

Devant les risques d’affrontements entre pro et anti-Algérie française, le préfet des Pyrénées-Orientales, Hugues Bousiges, a interdit jeudi toute manifestation aux abords du cimetière perpignanais du Haut-Vernet.

L’Association amicale pour la défense des intérêts moraux et matériels des anciens détenus et exilés politiques de l’Algérie française (ADIMAD) entendait, comme elle le fait chaque an, rendre « hommage » à une centaine de fusillés de la guerre d’Algérie, dont des activistes de l’OAS. L’an passé, cette manifestation avait déjà donné lieu à des incidents et à la profanation de la stèle commémorative controversée.

Face aux anti-OAS qui, selon la préfecture, ont lancé des appels pour « s’opposer par tous moyens à cette manifestation », la préfecture a constaté que « compte tenu de la sensibilité du contexte local et de la détermination des protagonistes, tout rassemblement présente un risque sérieux et grave de troubles à l’ordre public ». AP

PREFECTURE DES PYRENEES ORIENTALES

Perpignan le 5 juin 2008

Cabinet du Préfet

A l’attention de la presse locale

OBJET : Interdiction de toute manifestation et tout rassemblement à caractère revendicatif aux abords du cimetière du Haut-Vernet à Perpignan le 7 juin 2008

Je vous prie de bien vouloir trouver ci-joint l’arrêté préfectoral portant Interdiction de toute manifestation et tout rassemblement à caractère revendicatif aux abords du cimetière du Haut-Vernet à Perpignan le 7 juin 2008 motivé par l’impérieuse nécessité de préserver la tranquillité et la sécurité publiques.

- compte tenu de la sensibilité du contexte local et de la détermination des protagonistes, tout rassemblement, quels qu’en soient les organisateurs, aux abords ou à l’intérieur du cimetière du Haut-Vernet à Perpignan présente un risque sérieux et grave de troubles à l’ordre public,

- considérant qu’un cimetière municipal est un lieu public qui ne saurait être le théâtre d’affrontements ou d’incidents et que la paix civile doit y être préservée par respect des défunts qui y reposent et de leurs familles,

- compte tenu de l’impérieuse nécessité de préserver la tranquillité et la sécurité publiques aux abords du cimetière du Haut-Vernet à Perpignan le jour déclaré du rassemblement,

- vu l’urgence,

- toute manifestation et tout rassemblement à caractère revendicatif aux abords du cimetière du Haut-Vernet à Perpignan est interdit le 7 juin 2008.

Le directeur départemental de la sécurité publique est chargé de faire respecter cet arrêté.

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Conférence de presse
le mercredi 4 juin à 11 heures
au siège de la Ligue des droits de l’Homme (LDH)
138, rue Marcadet, 75018 Paris


A propos de l’hommage à l’OAS annoncé pour le samedi 7 juin à Perpignan



Chaque 7 juin, l’Adimad (Amicale pour la défense des intérêts moraux et matériels des anciens détenus et exilés politiques de l’Algérie française) – au site internet Adimad-OAS – organise un rassemblement au cimetière du Haut-Vernet à Perpignan, devant la stèle érigée en 2003, pour, selon la terminologie de cette association, honorer les « 105 fusillés et disparus pour que vive l’Algérie française ». En réalité, il s’agit d’un hommage aux criminels de l’OAS qui constitue une forme d’apologie de leurs crimes.

Le collectif « Pour un centre de documentation à Perpignan sur l’histoire franco-algérienne » composé des associations départementales AFMD, AFPS, ARAC, ASTI, ATTAC, Coup de Soleil des P-O, CGT, Femmes Solidaires, FFREEE, FSU, LCR, LDH, LO, MRAP, PCF, SURVIE, UNSA, Les Verts, appelle à une manifestation à Perpignan pour protester contre ce rassemblement.

Avec

  • Jean-François Gavoury, président de l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS (ANPROMEVO),
    fils du commissaire central d’Alger Roger Gavoury assassiné par l’OAS le 31 mai 1961,
  • Jean-Philippe Ould-Aoudia, de l’Association des Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs compagnons,
    fils de l’un des six inspecteurs de l’éducation nationale assassinés par l’OAS à Alger le 15 mars 1962,
  • Jacques Delarue, commissaire divisionnaire honoraire,
    ancien responsable à la Direction de la police judiciaire,
  • Bernard Cholet du Collectif de Perpignan pour un centre de documentation sur l’histoire franco-algérienne,
  • Yvan Donnat de l’Association des pieds-noirs progressistes et de leurs amis (PNPA).
  • Gilles Manceron, historien et membre du Comité central de la LDH.

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Le Collectif départemental pour un centre de documentation à Perpignan sur l’histoire franco-algérienne appelle à manifester contre l’hommage « aux 116 Fusillés et Combattants tombés pour l’Algérie française, en particulier Claude Piegts et Albert Dovecar » organisé par l’Adimad devant la stèle du cimetière du Haut-Vernet.

Le collectif donnera une conférence de presse lundi 2 juin à 11h, au 3ème étage de la bourse du travail à Perpignan (46 place Rigaud).

Le samedi 7 juin, il faut empêcher le rassemblement de l’Adimad-OAS au cimetière du haut-Vernet à Perpignan



Chaque 7 juin, l’Adimad (amicale pour la défense des intérêts moraux et matériels des anciens détenus et exilés politiques de l’Algérie française) organise un rassemblement aux abords du cimetière du haut-Vernet, puis à l’intérieur devant la stèle érigée en 2003, pour, selon sa terminologie, honorer les « 105 fusillés et disparus pour que vive l’Algérie française ». En réalité, comme cela est désormais bien connu, ces individus sont des criminels de l’OAS et l’hommage qui leur est rendu constitue une forme d’expression de l’apologie de crimes de guerre.

Nous avons eu l’occasion de demander au Préfet d’user de son autorité pour que cette stèle soit déplacée dans un site privé. A plusieurs reprises, nous sommes intervenus dans le même sens auprès du sénateur-maire de Perpignan. Hélas, rien n’a été fait.

Nous avons sollicité le préfet afin qu’il interdise, comme cela a été le cas l’an dernier, le rassemblement de l’Adimad-OAS, mais à ce jour nous n’avons reçu aucune réponse. Dans ces conditions, comme les années précédentes, nous lançons un appel à manifester sur la voie publique aux abords du cimetière le samedi 7 juin pour nous opposer à cette cérémonie. Nous regrettons de devoir recourir une nouvelle fois à ce type d’action à proximité d’un lieu dont la sérénité devrait être préservée par respect des défunts qui y reposent et de leurs familles. Mais, c’est le refus des autorités compétentes de prendre des mesures de nature à éviter des troubles éventuels à l’ordre public qui nous y contraignent.

Si ces autorités décidaient d’interdire la cérémonie de l’Adimad-OAS, nous annulerions notre manifestation et nous nous contenterions de maintenir une présence vigilante pour nous assurer que des membres de cette association ne s’infiltrent pas dans le cimetière comme cela avait été le cas l’an dernier malgré la présence des forces de police.

Samedi 7 juin à partir de 9h , nous appelons à une manifestation à proximité du cimetière du haut-Vernet pour protester contre le rassemblement de l’Adimad-OAS. Nous serons très nombreux, venus de toute la France, pour nous y opposer.

Organisations signataires

Le collectif départemental pour un centre de documentation à Perpignan sur l’histoire franco-algérienne : AFMD, AFPS, ARAC, ASTI, ATTAC, Coup de Soleil des P-O, CGT, Femmes Solidaires, FFREEE, FSU, LCR, LDH, LO, MRAP, PCF, SURVIE, UNSA, Verts.

Organisations nationales signataires : Les amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs compagnons, ANPROMEVO, l’Association Anciens Appelés en Algérie.




La stèle des “fusillés de l’Algérie française”, au cimetière du Haut-Vernet de Perpignan.

Cette sculpture symbolise la mort d’un condamné au peloton d’exécution. Sous cette icône est gravée l’inscription : « Terre d’Algérie » ; en-dessous, une autre plaque énumère quatre noms : Bastien-Thiry, Degueldre, Dovecar et Piegts.

Sur le site de l’Adimad (le 24 mai 2008).

Une cérémonie d’hommage aux “fusillés de l’Algérie française” est une forme d’apologie de crime de guerre.

Stèle aux anciens OAS : le dépôt de gerbe a déjà eu lieu

[L’Indépendant, 7 juin 2008]

Par communiqué, l’ADIMAD (Association amicale pour la Défense des Intérêts Moraux et matériels des Anciens Détenus et exilés politiques de l’Algérie française) explique avoir devancé la date anniversaire du 7 juin pour déposer une gerbe sur la stèle dédiée aux « fusillés et combattants tombés pour que vive l’Algérie française ». Le dépôt a, selon le communiqué, eu lieu jeudi et ce pour « concourir à la paix civile ».

Le préfet par arrêté et pour préserver l’ordre public avait en effet interdit tout rassemblement à proximité de la stèle le 7 juin car les opposants aux nostalgiques de l’Algérie française avaient également prévu de se faire entendre.

Respectueux de l’arrêté préfectoral, les opposants à cette stèle avaient cependant eux aussi renoncé à manifester. Ils annoncent tout de même qu’ils seront vigilants pour qu’aucun rassemblement n’ait lieu dans le cimetière ce samedi. Ils revendiquent enfin le fait que la stèle soit déplacée dans un lieu privé car « à l’intérieur de ce lieu public qu’est le cimetière elle est potentiellement génératrice de troubles à l’ordre public ».

L’ADIMAD fait savoir qu’une messe sera dite ce soir à 19 heures en l’église Saint-Paul du Moulin à Vent.