À Marignane, Daniel Simonpieri célèbre l’“Algérie française”

publié le 3 novembre 2005 (modifié le 14 septembre 2019)

Le maire Daniel Simonpieri - ex FN, ex MNR, aujourd’hui divers droite - en tête, une délégation d’élus a fleuri mardi une stèle dédiée à la gloire « des fusillés et combattants morts pour que vive l’Algérie Française ».

Par Didier HASSOUX, Libération, jeudi 03 novembre 2005


La gerbe. C’était le 1er novembre, le jour de la Toussaint au cimetière de Marignane (Bouches-du-Rhône). Ils sont une dizaine d’élus à se rassembler, en loucedé, autour d’une stèle dédiée à la gloire « des fusillés et combattants morts pour que vive l’Algérie Française ». Sur ces images inédites, transmises par un lecteur de Libération, on reconnaît Daniel Simonpieri (le grand aux cheveux blancs, à gauche), maire de la ville. Elu du Front national de Jean-Marie Le Pen puis du Mouvement national et républicain de Bruno Mégret, il porte désormais l’étiquette “ divers droite ”. Ce qui lui permet de siéger au conseil général sur les bancs de l’UMP. De même à la communauté de communes dont il est vice-président, aux côtés du sénateur et maire UMP de Marseille Jean-Claude Gaudin.

La stèle sur laquelle Simonpieri et les siens déposent une gerbe a été érigée en catimini le 6 juillet. Son inauguration a été interdite par le préfet. Elle est l’œuvre d’une association qui entretient la mémoire et les principes de l’OAS. Outre les noms d’une centaine de « combattants », elle porte sur une plaque de bronze les noms des « quatre fusillés de l’Algérie française » : Jean-Marie Bastien-Thiry, auteur de l’attentat du petit Clamart contre le général de Gaulle, Roger Degueldre, chef des commandos Delta de l’OAS ainsi qu’Albert Dovecar et Claude Piegts, auteurs du meurtre d’un policier sous les ordres de Degueldre [1]. Tous quatre ont été condamnés à mort par la cour militaire de justice et exécutés au Fort d’Ivry en 1962 et 1963.

A la mairie de Marignane, le chargé de communication assure « ne pas être au courant ». Puis se défausse en disant qu’il s’agit « d’une affaire privée ». Qui se déroule malgré tout dans un lieu public.

[1Sur ces points, l’article est inexact : la stèle de Marignane comporte des dates mais aucun nom n’y figure. (Ndlr)