Toulon, samedi 3 janvier 2009 : forte mobilisation pour Gaza

publié le 5 janvier 2009 (modifié le 13 janvier 2009)

Autour de 1500 manifestants (plus de 1000 selon Var-Matin, 2000 pour La Marseillaise) se sont retrouvés samedi matin, à l’appel du Secours islamique de France, du Nouveau parti anticapitaliste, de l’association Varois pour la paix et la justice en Méditerranée (VPJM) et de la section toulonnaise de la Ligue des droits de l’Homme (LDH).

Pierre-Yves Denis, président de VPJM, a lu une déclaration au nom des organisateurs, avant que la manifestation se dirige vers la Place de la Liberté où elle s’est dispersée dans le calme.

Place du Mûrier (Toulon), samedi 4 janvier 2009 à 10h30 ’photo Olivier Pastor/Var-Matin)

Forte mobilisation pour la paix à Gaza

par Guillaume de Saint Vulfran, La Marseillaise du 4 janvier 2009

C’est la surprise de ce début d’année. Alors que les bruits de canons se font entendre dans la bande de Gaza au Proche-Orient, peu de personnes auraient parié sur le succès d’un rassemblement pour la paix ici, à Toulon.

Résultat des courses : plus de 2000 personnes ont répondu présent sur la place du Mûrier à Toulon avant de manifester le long du couloir de bus de l’avenue de la République jusqu’à la place de la Liberté, en passant par l’Hôtel de Ville et la rue Pastoureau.

Le cortège s’étoffant au fur et à mesure du parcours improvisé. Une manifestation « pacifique et pacifiste mais combative ».
Le mot d’ordre : affirmer leur solidarité totale « avec le peuple palestinien qui souffre et résiste et avec les citoyens israéliens qui luttent courageusement pour une politique de paix ».

Dans les rangs, drapeaux palestiniens et keffiehs fleurissent. Sur les pancartes, on peut lire « Arrêtez le massacre ! », sur une banderole, un texte est écrit en arabe. « On peut y lire tous pour Gaza... grosso modo », tente de traduire un manifestant.

Hommes, femmes et enfants en rang serré

Après un premier rassemblement spontané et peu médiatisé à quelques heures de la fin de l’année 2008 [1], les choses sont allées très vite cette semaine pour en organiser un deuxième ce samedi 3 janvier contre l’intervention israélienne à Gaza.

Une journée marquée part de nombreuses actions du même type en France : à Nice, Marseille ou encore à Paris.

L’appel était signé par l’association Varois pour la paix et la Justice en Méditerranée et la section de Toulon de la Ligue des droits de l’Homme.

S’y est ajouté, le Secours islamique français, le NPA, mais aussi le PCF, le Parti de gauche melenchoniste, l’Union départementale CGT et encore le syndicat Solidaires. On a pu voir aussi dans les rangs des manifestants des représentants de la FSU ou du Snuipp, tel que Michel Fortuna, de la LCR, de Lutte ouvrière ou encore du Parti ouvrier indépendant, côté politique.

Des élus de gauche sont aussi présents. Certains regrettent qu’une meilleure coordination des différentes organisations n’ait pu élargir encore un peu plus le rassemblement.

C’est ainsi la communauté maghrébine qui s’est le plus mobilisée hier matin, avec une présence active de certains responsables religieux des mosquées de l’agglomération. « Israël assassin », « Allah Ou Akbar », « la haine ça suffit »...

Les slogans fusent tout au long d’un défilé où hommes, femmes et enfants sont les uns aux côtés des autres, en rang serré. Certains slogans ont été en revanche clairement désapprouvés par plusieurs participants. Des militants communistes distribuent quant à eux des tracts du parti : « Halte à l’agression israélienne à Gaza ».

La manifestation s’est dissoute tranquillement sur la place de la Liberté. Les organisations doivent se rencontrer la semaine prochaine.

Guillaume de Saint Vulfran


Nous disons à nos dirigeants :
assez d’hypocrisie, assez de complaisance !

déclaration lue par Pierre-Yves Denis, président de VPJM

Quelques semaines après le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme qui proclame l’universalité des droits de tous les êtres humains, le peuple palestinien de Gaza est de nouveau la cible de l’armée d’Israël.

C’est un véritable déluge de fer et de feu qui s’abat sur la population de ce territoire surpeuplé, assiégé, et soumis au blocus depuis 3 ans. Des centaines de morts, des milliers de blessés, hommes, femmes, enfants, pris dans une nasse dont ils ne peuvent échapper. Une telle abomination a un nom : il s’agit d’un crime de guerre aux termes de la dème convention de Genève (article 33bis).

A de rares exceptions près les médias traitent du sujet en renvoyant dos à dos « les deux camps ». Comme s’il pouvait y avoir symétrie entre les fusées de la résistance Palestinienne et cet sorte de terrorisme d’Etat pratiqué par la quatrième plus puissante armée au monde, comme s’il y avait égalité entre les assiégeants et les assiégés, les occupants et les occupés.

Pendant 5 mois le Hamas a respecté une trêve et Israël n’a pas levé le siège de Gaza. Pendant ces 5 mois, en Cisjordanie, à Jérusalem, les dirigeants israéliens ont continué à occuper et à coloniser les territoires palestiniens, détruisant ainsi les chances d’un Etat palestinien viable sous le regard impassible de la communauté internationale.

L’Union Européenne, et son président français portent une lourde responsabilité dans la nouvelle tragédie qui touche le Peuple palestinien. En décidant voici 15 jours de rehausser les relations privilégiées entre Israël et l’Union Européenne, les 27 ministres européens ont donné le feu vert aux dirigeants israéliens pour continuer à enfoncer ce conflit dans une impasse et à préparer de nouvelles catastrophes, catastrophes dont le peuple israélien sera lui aussi la victime.

L’urgence aujourd’hui est que la communauté internationale, en premier lieu l’Europe, exerce sur Israël des pressions concrètes. C’est pourquoi nous exigeons la suspension immédiate de l’accord d’association qui nous lie à ce pays.

Nous disons à nos dirigeants : assez d’hypocrisie, assez de complaisance ! Il faut une véritable mobilisation des Etats pour imposer à Israël :

  • Un cessez le feu immédiat
  • La levée total du blocus de Gaza
  • La libération des 11 000 prisonniers politiques palestiniens
  • Une solution politique globale au conflit conduisant au démantèlement des colonies et du mur, et à la prise en compte des droits nationaux des Palestiniens dont c’est aussi la terre.

Nous affirmons aujourd’hui notre solidarité totale avec le peuple palestinien qui souffre et résiste et avec les citoyens israéliens qui luttent courageusement pour une politique de paix.


[1Une centaine de manifestants s’étaient rassemblés sur le carré du port, mercredi 31 décembre en début d’après-midi. [Note de LDH-Toulon]