selon François Jacob, selon Plantu… d’où ça vient ?

Qu’est-ce que le racisme ?

publié le 18 juin 2004 (modifié le 22 décembre 2019)

Etre raciste, c’est croire qu’il existe différentes races et que certaines sont supérieures aux autres. Il y aurait des êtres inférieurs qu’il conviendrait de traiter comme tels ; on peut les mettre en esclavage ou au service des colonisateurs qui “apportent le progrès”. C’est sur ce principe que la plupart des pays européens et chrétiens ont fondé leurs empires coloniaux. Le racisme reste aujourd’hui l’attitude de beaucoup vis-à-vis des immigrés.


Selon Plantu [1]

Selon le biologiste François Jacob

Le racisme c’est l’utilisation par les racistes d’alibis biologiques pour soutenir leur point de vue culturel. Or, le biologiste, précisément, dispose d’informations sur la distribution des gènes et des caractères que tout le monde n’a pas. De ces informations il découle que la race n’a aucune réalité chez l’homme qui constitue une seule espèce. Combattre le racisme en l’occurrence c’est encore une fois dire la vérité.

La biologie en revanche s’avère d’une totale inutilité face à cette réaction culturelle assez répandue qui conduit à rejeter celui qui est autre, celui qui ne pense pas comme vous, qui ne mange pas comme vous, qui ne baise pas comme vous, qui n’est pas comme vous. Ça existe un peu dans toutes les sociétés. Ce n’est pas du racisme mais c’est assez redoutable.

Le racisme, d’où ça vient ?

« Jessica se demande comment le racisme est apparu en France, pourquoi et quand. Claire, peux-tu nous raconter l’histoire du racisme ? », s’enquiert Victor.

Figure-toi que le racisme est vieux comme le monde et s’est manifesté sur tous les continents.

Etre raciste, c’est croire qu’il existe différentes races et que certaines sont supérieures aux autres. En fait, les races n’existent que chez les animaux. On ne doit pas parler de différentes races humaines mais d’un seul genre humain.

Malgré tout, des personnes affirment le contraire pour justifier une domination ou des persécutions envers certains groupes de personnes, distinguées par leur apparence physique, leurs habitudes, leurs idées, leur religion...

Globalement, nous avons souvent du mal à accepter nos différences. Nous avons peur de l’inconnu, nous cherchons à éviter ce que nous ne comprenons pas. C’est pourquoi nous avons tendance à rejeter celui qui est différent, l’étranger, car sa langue, ses coutumes sont incompréhensibles. On dit que l’on est xénophobe (xenos en grec veut dire étranger). Personne n’est donc à l’abri de mépriser celui qui est différent.

« Mais il est possible de lutter contre nos réflexes racistes et xénophobes ? », s’interroge Victor.

Cela commence par aller vers les autres, par exemple faire l’effort de rencontrer son voisin de palier ou de maison, s’intéresser à sa vie, à ses préoccupations, apprendre à le connaître. Ainsi, on se rend compte que malgré nos différences, il est « comme nous ».

Connaître le plus de monde permet de ne pas généraliser nos jugements, c’est-à-dire ne pas s’imaginer que des personnes qui ont la même apparence, la même religion, le même métier, le même âge... ont forcément les mêmes défauts. Cela nous ouvre sur le monde et nous enrichit.

« C’est vrai que ce serait tellement triste si tout le monde se ressemblait ! », s’exclame Victor.

Source : le journal de Victor

[1D’après la couverture de l’excellent petit ouvrage de Christian Delacampagne Une histoire du racisme , éd. Livre de poche.