Non ! au musée de la mairie de Perpignan à la gloire de la colonisation

publié le 10 juillet 2006 (modifié le 12 février 2007)

La cérémonie organisée le 7 juin 2006 [1] par l’ADIMAD (Association amicale pour la Défense des Intérêts Moraux et matériels des Anciens Détenus et exilés politiques de l’Algérie française, présidée par Jean-François Collin, membre notoire du Front National) dans l’enceinte du cimetière du Haut-Vernet, devant la stèle érigée en juillet 2003 à la gloire des criminels de l’OAS (Organisation de l’armée secrète), nous rappelle que les nostalgiques de l’Algérie coloniale sont particulièrement actifs dans notre département. Ce qui est grave, c’est que le préfet ait refusé d’interdire ce honteux hommage à des criminels.

Cette décision n’est pas sans rapport avec la réhabilitation du passé colonialiste de la France voulue par la majorité de droite et le gouvernement français. La promulgation de la loi du 23 février 2005 en est la preuve la plus flagrante. Cette loi qui vante : « L’œuvre accomplie par la France dans les anciens départements français d’Algérie, au Maroc, en Tunisie et en Indochine... », officialise la date du 5 décembre comme journée nationale d’hommage, au lieu du 19 mars, date du cessez le feu en Algérie, en 1962 et permet désormais d’indemniser les anciens criminels de l’OAS.

C’est dans ce climat révisionniste, que se perpétue à Port-Vendres, la célébration annuelle, en présence du sous-préfet de Céret et avec défilé militaire, de la prise d’Alger le 14 juin 1830 par les soudards de Charles X. Et encore, cette glorification du colonialisme n’est rien en comparaison du projet de création, par la mairie de Perpignan, d’un « centre de la présence française en Algérie », qui sera implanté dans le bâtiment du couvent Sainte Claire. La réalisation de ce centre, à la gloire des nostalgiques du « bon temps des colonies », a été confié au Cercle Algérianiste des Pyrénées Orientales qui ne cache pas ses liens avec l’ADIMAD, dont le site [2] est entièrement dédié à la gloire de l’OAS et à la mémoire « des victimes de procès stalino-gaullistes » (sic) qui ont multiplié attentats et assassinats.

Il est évident que la mairie de Perpignan et son maire Jean-Paul Alduy se font complices des nostalgiques de l’Algérie coloniale, qui se complaisent à attiser la haine et à exalter le communautarisme. Et comme si cela ne suffisait pas, il est prévu d’ériger dans l’enceinte du couvent Sainte Claire, un « mémorial des disparus en Algérie (1954-1963) » dont le comité de pilotage est constitué en particulier des deux adjoints au Maire de perpignan, Jean-Marc Pujol et Maurice Halimi. Le cercle Algérianiste a fait aussi appel à deux « historiens », Geneviève de Ternant et Jean Monneret, dont les travaux sont consacrés à faire l’apologie de l’Algérie française.

Parce qu’on ne construit pas l’avenir sur la haine et le communautarisme, les organisations et les personnes soussignées, exigent que :

  • la stèle à la gloire de l’OAS, organisation d’extrême droite, raciste et criminelle, soit retirée du cimetière du Haut-Vernet
  • le projet du mur des disparus ne voie pas le jour
  • la création du « centre de la présence française en Algérie » soit abandonnée.

Résolument opposés à ce centre faisant l’apologie du colonialisme, les signataires sont par contre ouverts à la création d’un musée-centre de ressources sur l’histoire croisée de la France et de l’Algérie. Il appartiendrait aux organisations de défense de ce contre-projet de veiller à l’intégrité du contenu et à la présentation des toutes les facettes de l’histoire, respectueuse des recherches historiques et associant des historiens des deux rives de la Méditerranée et des représentants des deux peuples français et algériens.

A Perpignan, le jeudi 22 juin 2006

ANPROMEVO, ASTI, CGT, LCR, LDH, MJCF, MRAP, MRC, PCF