Nicole Dreyfus, de l’affaire Dreyfus à la défense des militants algériens

publié le 20 février 2010 (modifié le 8 octobre 2019)

Nicole Dreyfus, qui fut avocate de militants du FLN, est morte le 11 février 2010 à l’âge de 85 ans. Le 8 mai 2009, elle s’était encore rendue en Algérie pour participer à Guelma au colloque organisé par l’université de cette ville en commémoration des massacres qui avaient suivi la manifestation du 8 mai 1945.

Pour le livre Etre dreyfusard hier et aujourd’hui paru en octobre 2009, elle avait considérablement complété son intervention au colloque de 2006 dont ce livre reprend les travaux. Elle y apporte des explications qu’elle n’avait jamais données sur son enfance alsacienne et sur son engagement d’avocate anticolonialiste. Elle développe, en particulier, l’importance qu’avait eue pour elle la mémoire de l’affaire Dreyfus telle qu’elle lui avait été transmise comme une affaire profondément ressentie par sa propre famille, et elle revient sur le sens qu’avait eu pour elle la défense des militants algériens.

Nicole Dreyfus

« D’une enfance alsacienne à la guerre d’Algérie »
par Nicole Dreyfus [*]


Très tôt, pendant mon enfance en Alsace, dans l’entre-deux-guerres, j’ai, à travers des conversations familiales, entendu parler de l’affaire Dreyfus. Elle est restée ensuite pour moi une référence constante dans mon travail d’avocate, en particulier auprès de militants indépendantistes algériens pendant la guerre d’Algérie.

[...]


C’est à Mulhouse que je suis née, en 1924, et j’y ai vécu jusqu’à l’âge de 12 ans. Mes parents, bien que nés, l’un et l’autre, après la guerre de 1870, c’est-à-dire allemands, et qu’ils aient longtemps vécu dans une Alsace rattachée à l’empire, étaient tous les deux francophones et francophiles, et, comme tous les Juifs d’Alsace, fondamentalement attachés à la Révolution française qui avait fait des Juifs des citoyens. Dans mon enfance, toutes les conversations familiales étaient en français – on ne parlait pas non plus alsacien à la maison. Ma mère avait d’abord fréquenté à Mulhouse une école où l’enseignement était donné en français, puis, en 1898, lors de l’apogée de l’Affaire, quand elle avait 13 ans, son père l’avait envoyée chez son beau-frère Manuel Bloch, à Giromagny, à côté de Belfort, pour qu’elle poursuive ses études en France. Mais quand il a appris qu’en raison de l’affaire Dreyfus, le village était couvert d’inscriptions antisémites, il l’a fait revenir aussitôt.

L’affaire Dreyfus, tel que le récit m’en a été transmis dans mon enfance, c’était l’histoire d’un homme seul, officier de l’armée française, originaire, comme nous, des Marches d’Alsace, proches de l’Allemagne, ce qui le rendait suspect, et juif, ce qui le rendait propre à toutes les accusations de trahison. On l’avait jugé, déshonoré, envoyé au bagne et il avait fallu attendre de nombreuses années pour qu’il soit solennellement réhabilité. Il avait d’abord été seul dans sa bataille, entouré de sa famille, puis soutenu par des intellectuels prestigieux tel Zola et de quelques hommes politiques lucides et pleins de courage comme Jaurès. Sa défense s’était développée, était devenue de plus en plus nombreuse et de plus en plus vaillante, malgré bien des difficultés, car, face à elle, se dressaient, au mépris de la Justice et au nom de la Raison d’Etat, l’image immaculée – ou que l’on voulait telle – de l’armée, et la haine profondément enracinée du Juif. On m’avait appris dans mon enfance le combat de ces hommes et de ces femmes qu’il faut bien appeler des Justes, qui avait abouti à ce que Dreyfus soit lavé de l’opprobre qu’on avait d’abord jetée sur lui. Ce que j’avais retenu comme remarquable dans cette affaire, c’est le fait que des gens s’étaient levés de toutes parts et que le sort emblématique de cet homme avait divisé un pays tout entier. C’est pour cela que l’affaire Dreyfus pour moi était vouée à une éternelle mémoire.

Cinq ans après la mort de mon père, ma mère et moi sommes venues vivre à Nice, en 1937. J’y étais lycéenne au moment de la défaite. Jusqu’en septembre 1943, l’occupation italienne nous a épargné les persécutions antisémites. J’ai pu poursuivre ma scolarité au lycée de filles de Nice, où certains professeurs prenaient des risques pour protéger les élèves juives et leur famille [1]. Quand la situation est devenue plus difficile avec l’arrivée des Allemands, nous avons pu, grâce au soutien de réseaux de résistants, obtenir des faux papiers pour résider à Monte-Carlo, qui n’était pas occupé, puis, en mars 1944, grâce à l’aide de cousins vivant en Suisse qui nous avaient envoyé un passeur, nous avons été nous réfugier six mois à Genève. A la Libération, j’ai pu me lancer dans des études de philosophie puis de droit, à Nice et Aix-en-Provence, et, en 1946, à l’âge de 22 ans, je suis devenue avocate, un métier que, dès l’âge de 8 ans, avant de quitter Mulhouse, j’avais décidé de faire plus tard.

Le travail des avocats engagés durant la guerre d’Algérie

Devenue membre du parti communiste en 1949, j’ai vite plaidé dans des affaires politiques : pour des résistants qui avaient conservé leurs armes après la Libération, pour des mineurs poursuivis à la suite des grèves dures de 1947, ainsi que pour des militants qui s’étaient opposés au départ de soldats pour la guerre d’Indochine. C’est à cette époque que j’ai commencé à faire équipe avec l’avocat martiniquais Marcel Manville. Puis ce fut la guerre d’Algérie, qui a été la période la plus intense de ma vie. Je faisais partie de l’un des collectifs d’avocats qui défendaient des militants algériens, celui qui était proche du parti communiste et comprenait aussi Pierre Braun, Michel Bruguier (qui avait participé à la Résistance dans le Midi), Henri Douzon et Marcel Manville [2].

J’ai retrouvé dans la guerre d’Algérie l’exaltation qu’ont dû connaître les dreyfusards, en raison de notre certitude absolue d’être du côté du droit. Les Algériens luttaient pour leur indépendance, or, ce combat était un combat légitime qui devait être reconnu comme tel. Les moyens qu’ils employaient n’étaient pas toujours conformes à la morale, c’était vrai aussi, mais leur cause était juste, et, pour moi, c’était le principal. Les moyens engagés contre eux étaient, eux aussi, contraires à la morale : tortures, assassinats, « corvées de bois » consistant à abattre des prisonniers au prétexte d’une tentative d’évasion, autant de méthodes employées systématiquement par l’armée à l’encontre d’algériens engagés dans ce combat légitime.

Le rôle que nous avons pu jouer, très modestement, comme avocats dans la guerre d’Algérie était pour moi dans le droit fil d’un itinéraire que j’avais choisi bien avant et c’est resté la part la plus exaltante de mon métier d’avocat et de mon activité militante. C’était une ambiance très dure, mais la justesse de notre travail nous était tellement chevillée au corps, les contacts humains avec les prisonniers étaient tellement enrichissants qu’il en a résulté toute une série d’amitiés, de liens, d’expériences que je ne pourrai jamais oublier.

Il y avait plusieurs centaines, plusieurs milliers même, de militants algériens détenus dans les diverses prisons, notamment à Alger, Oran, Constantine et Bône, et il fallait défendre en priorité ceux qui couraient un risque vital. Cela représentait souvent plusieurs personnes par jour, qui comparaissaient, de surcroît, devant des tribunaux militaires différents. Et en même temps, il y avait l’état d’urgence, la détention administrative dans les camps, les gardes à vue qui n’en finissaient pas, et les tortures préalables et concomitantes à tous les interrogatoires [3]. Tout cela débouchait sur des comparutions devant des tribunaux uniques dans leur forme, les tribunaux militaires.

Il y a eu quatre collectifs d’avocats. Le premier avait été créé par Yves Dechézelles, qui était un ami personnel de Messali Hadj et dont l’engagement datait du temps du MTLD, avant 1954. Puis Pierre Stibbe avait pris la responsabilité d’un deuxième collectif, avec sa femme Renée, le FLN s’étant tourné vers lui (il avait été l’avocat des députés malgaches au moment de la révolte de Madagascar en 1947, puis des dirigeants du Rassemblement démocratique africain, le RDA, un peu plus tard), et un troisième collectif s’est formé, composé d’avocats communistes, auquel j’appartenais. Les membres de ces collectifs ont travaillé ensemble : on se remplaçait les uns les autres, il y avait trop de travail pour que l’on puisse songer à polémiquer. Des tensions sont apparues néanmoins quand un quatrième collectif, créé par le FLN, a voulu éliminer les autres et prendre entièrement leur place. Mais le responsable du FLN dans la prison Barberousse à Alger qui s’appelait Fétal (qui deviendra préfet d’Alger après l’indépendance) s’est opposé à ce que des avocats qui, depuis des années, plaidaient pour les détenus algériens soient éliminés. Et ces avocats ont continué à le faire.

Des avocats européens d’Algérie sont morts en raison de leur engagement : Me Pierre Popie, un chrétien social, assassiné à Alger par l’OAS, comme Me Pierre Garrigues, qui avait eu le courage de reprendre son cabinet, ce qui revenait à affronter son arrêt de mort ; tandis que Me Thuveny, a été assassiné au Maroc par les services secrets français à l’aide d’une bombe placée dans sa voiture [4]. Un avocat algérien, Me Amokrane Ould Aoudia, a été assassiné sur le palier de son cabinet à Paris par ces mêmes services, et, à Bonn, Me Aït Ahcène a été, lui aussi, assassiné par les services français [5], tandis qu’à Alger, Me Ali Boumendjel a été jeté du sixième étage de l’immeuble où il avait été torturé à mort par les parachutistes du général Massu [6]. Mais les risques que nous courions étaient bien peu de choses à côté de ceux qu’affrontaient nos clients.

J’ai le souvenir d’une période particulièrement douloureuse, en mars 1957, en pleine période de la « Bataille d’Alger », où, mandatée par Pierre Stibbe, j’ai eu à défendre devant le tribunal militaire siégeant dans la Cour d’assises d’Alger, présidé par le juge Roynard, trois affaires en une semaine, dans lesquelles il a été prononcé, au total, neuf condamnations à mort.

L’un des procès concernait une quinzaine de prévenus, tous militants indépendantistes, anciens membres du MTLD, dont plusieurs n’étaient pas membres du FLN mais du MNA [7], et qui n’étaient accusés d’aucun attentat. Quatre d’entre eux ont été condamnés à mort, dont les frères Mezzi, Chafik, Mohamed et Salah, que je défendais, bien que les inculpations qui pesaient sur eux ne relevaient pas, aux termes du Code pénal, la peine capitale. Leurs condamnations ont été cassées ensuite par la Cour de cassation. Signe de la manière dont une grande partie des européens d’Algérie considérait notre travail d’avocat, Le Journal d’Alger a publié en première page de son numéro annonçant le verdict une caricature me représentant aux côtés de ces trois frères condamnés à mort [8].

Dans une autre affaire, deux condamnations à la peine capitale ont été prononcées par la cour d’assises militaire contre deux hommes que je défendais, Mohamed Gacem et Djaffar Labdi, accusés d’avoir assassiné le commissaire de police René Frédy. Ils avaient tous deux été torturés. Le tout Alger s’était rendu au procès, y compris « Monsieur d’Alger », le bourreau, qui était venu sans doute prendre ses mesures… Le public s’en est pris violemment aux avocats, sifflant, hurlant pendant les plaidoiries et applaudissant aux propos du président du tribunal militaire [9]. Quand les condamnations furent prononcées, j’étais assez abattue, d’autant que ce n’était pas la première fois que j’avais des clients condamnés à mort au cours de cette même semaine. Gacem et Labdi m’ont réconfortée en me disant qu’ils iraient à la mort sinon avec joie du moins avec fierté, qu’ils étaient des militants de l’indépendance algérienne et qu’ils mourraient pour leur pays. Une attitude qui ne pouvait que susciter mon respect. Tous les deux ont été exécutés.

Mais l’épreuve la plus dure a été pour mois le procès des accusés des attentats commis, quelques semaines auparavant, au stade d’El Biar et au stade municipal d’Alger, à l’époque où le FLN avait décidé la tactique des attentats aveugles pour forcer le dialogue, tactique discutable, bien entendu. Je défendais personnellement six personnes, dont deux jeunes filles de 16 ans, Baya Hocine et Djouer Akhrour, qui n’ont pas été déférées devant ce tribunal mais jugées plus tard par la Cour d’assises des mineurs d’Alger. À leur procès qui a eu lieu en décembre, où j’ai plaidé avec Renée Stibbe, le tribunal les a condamnées à mort, mais le jugement a été cassé par la Cour de cassation, et la Cour d’assises pour mineurs d’Oran les a condamnées ensuite à la détention à perpétuité. À Alger, en mars 1957, je défendais les quatre hommes, tous considérés comme majeurs, qui étaient les principaux accusés. L’attentat du stade municipal d’Alger avait causé la mort de huit personnes, dont un enfant de 9 ans, et blessé 24 spectateurs, et celui d’El Biar avait fait deux morts et treize blessés. C’était la première fois que nous nous trouvions devant une affaire de terrorisme aveugle et il fallait dire si, oui ou non, nous assumions leur défense. J’ai téléphoné à Stibbe, puisque je le représentais, et il m’a fait cette réponse : « Fais selon ta conscience ! ». Je les ai défendus et mes clients ont tous été condamnés à mort (en l’occurrence, l’accusation reposait sur des preuves matérielles et ils n’ont pas été torturés) [10]. Le président Coty refusera la grâce et les quatre hommes seront exécutés. La salle, d’ailleurs, criait « A mort ! », aussi bien à leur encontre qu’à l’égard du défenseur que j’étais. Charles Lederman, présent à Alger pour plaider dans une autre affaire, a estimé que j’étais personnellement en danger et m’a fait rentrer aussitôt en France.

Je me souviens aussi des exécutions, au terme de nuits absolument folles, dramatiques, où le patriotisme s’exhalait par des chants à travers toute la prison de Barberousse. Il y avait les hommes d’un côté, les femmes de l’autre. Cela commençait à la tombée de la nuit et durait jusqu’à trois heures du matin. Cela m’a été raconté souvent aussi par d’anciens clients, qui, bien des années après, sont devenus des amis.

J’en viens à la question qui nous est posée : comment peut-on être aujourd’hui dreyfusard ? Les temps ont changé, mais il est évident qu’être aujourd’hui dreyfusard, c’est faire revivre, d’une façon ou d’une autre, dans des conditions différentes, l’héritage des Justes qui ont défendu Dreyfus et qui ont amené finalement le pouvoir à céder et à réhabiliter cet homme. Etre dreyfusard, c’était, au temps de la Résistance, prendre parti contre les nazis, c’était au temps de la guerre d’Algérie soutenir par tous les moyens le peuple algérien dans sa résistance au colonisateur. Et aujourd’hui, la lutte contre les discriminations n’a pas pris fin, bien au contraire. L’antisémitisme existe toujours, mais il n’est plus seul. La colonisation a laissé bien des traces et il s’est trouvé un parlement pour proclamer son caractère prétendument positif. Heureusement, on a renoncé à ce texte [11]. La guerre d’Algérie continue d’empoisonner les souvenirs. Être dreyfusard aujourd’hui, c’est être avide de vérité et de justice et ne pas supporter les discriminations quelles qu’elles soient. C’est lutter contre toute forme de discrimination, d’une façon essentielle, y compris contre celles qui touchent des peuples tout entiers et les réduit à la misère ; or la pauvreté, à l’heure actuelle, est étendue sur le globe d’une façon qu’aucun esprit ne peut supporter s’il est attaché à la dignité et à la justice. C’est le combat qui s’offre aujourd’hui aux hommes de bonne volonté.

Nicole Dreyfus


[*Ce texte est extrait de « D’une enfance alsacienne à la guerre d’Algérie :
racines et permanences du combat dreyfusard », contribution de Nicole Dreyfus à l’ouvrage collectif dirigé par Gilles Manceron et Emmanuel Naquet, Etre dreyfusard hier et aujourd’hui, éd. Presses universitaires de Rennes, 552 pages, 24 €.

[1Je me souviens en particulier de Mme. Descomps, professeur de sciences naturelles, et de Mme. De Villeroi, professeur de français, qui ont caché la famille de Simone Veil, qui était, elle aussi, élève de ce lycée.

[2Il comprenait aussi, outre Nicole Dreyfus, qui est allé plaider en Algérie chaque année, une ou plusieurs fois par an, de 1956 à 1962 : Pierre Kaldor, Roger Cevaer, Paul Vienney, Charles Lederman, Jérôme Ferucci, Léo Matarasso, Eddy Koenig, Jules Borker, Jacques (?) Kauski, Maurice Zavarro, Michel Kagansky, Marcel Manville, Angeline Dominique, David Bloch, Jean Aubertin, Gaston Amblard, Françoise Bris, Georges Attal, Roland Weyl, Armand Dymenstejn, Anne-Marie Parodi, François Brault, Joë Nordmann, Wagmaeker, Claudine Retail-Kopp, Jean Guillemot, Roger Dosse, Marie-Louise Cachin, Raymond Merat, S. Schwartz, Roland Rappoport.

[3Voir Raphaëlle Branche, La torture et l’armée pendant la guerre d’Algérie, Paris, Gallimard, 2001.

[4« J’ai connu Thuveny », El Moudjahid du 24 décembre 1958 et « La défense interdite », El Moudjahid du 8 juin 1959.

[5« Le colonel Mercier et l’attentat contre Aït-Ahcène », El Moudjahid du 8 décembre 1958. « Mercier in der Stadt », Der Spiegel du 19 novembre 1958. D’après Constantin Melnik, membre du cabinet du premier ministre chargé des questions de maintien de l’ordre, « Mercier s’appelait Guérin et n’était que commandant », attaché militaire adjoint à l’ambassade de France à Berne, il s’occupait d’organiser en Europe les assassinats dont les services secrets français étaient chargés (Constantin Melnik, La mort était leur mission, Paris, Plon, 1996, p. 92 et 118).

[6« La défense interdite », art. cit. Ce qui a été confirmé dans Général Aussaresses, Services spéciaux. Algérie 1955-1957, Paris, Perrin, 2001, p. 177-178.

[7Le Mouvement nationaliste algérien (MNA) a rassemblé après 1954 les militants de l’ancien Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD), ex Parti du peuple algérien (PPA), restés fidèles à Messali Hadj et qui n’avaient pas rejoint le FLN.

[8Le Journal d’Alger des 17-18 mars 1957.

[9L’Echo d’Alger du 13 mars 1957 titre en première page : « La défense recherche les incidents : Me Nicole Dreyfus souffle au meurtrier qui perdait pied devant l’inspecteur Antomarchi : “Parlez de tortures” ». Le Journal d’Alger du 14 mars 1957 fait état de huées, de sifflets et de vociférations du public qui interrompent la plaidoirie et de ses applaudissements aux propos du président du tribunal militaire.

[10Le 19 mars 1957.

[11Voir Claude Liauzu et Gilles Manceronn, La colonisation, la loi, l’histoire, Paris, Syllepse, 2006.