refusant d’être l’alibi d’un éoge de la colonisation

Des enfants de harkis lancent un appel contre les articles 4 et 13 de la loi du 23 février 2005

publié le 8 janvier 2006 (modifié le 9 octobre 2019)

La question des supplétifs enrôlés dans la guerre d’Algérie a été mêlée dans la loi votée le 23 février 2005 à sa tentative de faire un éloge de la colonisation. Les quelques mesures envers des personnes qui ont été utilisées en Algérie et qui ont constitué dans la société française un groupe social maintenu dans des camps en marge du reste de la société ont été mélangées à cet éloge inadmissible. Des enfants de harkis s’en sont indigné et ont rendu public un appel pour l’abrogation des articles 4 et 13 de la loi du 23 février 2005.

Nous, filles et fils de parents d’origine algérienne, descendants de harkis souhaitons que les articles 4 et 13 de la loi du 23 février 2005 soient abrogés, et déclarons que :

  • la colonisation est une entreprise indéfendable ;
  • vouloir dominer une population, même au nom d’un projet « civilisateur », est contraire à toute idée de droit de l’homme ;
  • les harkis, à leurs corps défendant, sont les produits de l’histoire coloniale ;
  • suite à des Sit-in devant le sénat, nous avions été auditionné par des sénateurs dès novembre 2004 pour dénoncer l’article 13 réhabilitant l’O.A.S. et la philosophie globale du projet de loi ;
  • nous avions dénoncé les articles 4 et 13 dès le 28 février 2005, soit 4 jours après sa promulgation, dans un silence assourdissant ;
  • nous refusons de rester otages des défenseurs de l’Algérie française ;
  • nous refusons de porter la responsabilité incombant aux parlementaires qui ont voté la loi ;
  • nous refusons d’être instrumentalisés par les politiques pour des enjeux purement idéologiques ;
  • nous refusons d’être pris en otages entre une Droite hypocrite et une Gauche arrogante ;
  • cette loi ne répare en rien les injustices subies par les harkis et leurs familles ;
  • l’abandon, par l’Etat français, des harkis lors de l’indépendance de l’Algérie et leur enferment dans des camps, sont, aussi, les preuves vivantes de l’œuvre « négative » de la colonisation.

Nous voulons être enfin écoutés et entendus, sans haine et sans idéologie, pour sortir de nos mémoires meurtries et entrer dans une Histoire de France apaisée.


Mme Fatima BESNACI-LANCOU, présidente de l’association Harkis et Droits de l’Homme,
M. Ali AISSAOUI, Président d’Unir,
Mme Khadra SAFRIOUNE, présidente de l’Association des Harkis et des Rapatriés d’Algérie et de leurs enfants de Bourgogne,
M. Amar ASSAS, responsable des harkis de Rosans,
M. Mohamed BOUZID, président association Etoile d’Espérance,
M. Abdelkrim KLECH, président du Collectif justice pour les Harkis et leurs familles,
M. Smaïl BOUFHAL, président de l’association Génération Mémoires Harkis,
M. Slimane DJERA, président de l’association des Jeunes du Logis d’Anne.