Une séance dans le cadre du « Maghreb des films » 2019

De l’Opération Maillot à l’assassinat de Maurice Audin

publié le 5 décembre 2019 (modifié le 5 janvier 2020)

Lundi 9 décembre, à La Colonie, à Paris, une séance est organisée par le « Maghreb des films ». Autour de la décision, en 1955, du Parti communiste algérien (PCA) de participer à la guerre d’indépendance lancée par le FLN. Il a fondé une organisation armée, les Combattants de la Libération (CDL), et organisé un détournement d’armes françaises pour alimenter le FLN et les CDL. Cela a fait de lui la cible d’une répression particulière. Deux films seront projetés : un documentaire où l’un de ses dirigeants de l’époque relate ces faits et des extraits de « Opération Maillot » de Okacha Touita (2015).


La Colonie

128, rue Lafayette 75010 Paris
le 9 décembre 2019
à 18h 30

Projection

• du documentaire Entretien avec Sadek Hadjeres

de Mehdi Lallaoui 55’ - France – 2019,
Image : Mehdi Lallaoui
Montage : Hubert Rouaud

suivi d’un échange animé par Gilles Manceron,
avec la participation de Mohammed Harbi, René Gallissot et Alain Ruscio, historiens de la guerre d’Algérie, ainsi que celle de Sadek Hadjeres.

• d’extraits de Opération Maillot de Okacha Touita

1h 45’ – fiction – Algérie - 2015.

Débat à l’issue des projections en présence de Okacha Touita.


Le sujet

1955. Le Parti Communiste Algérien (PCA) décide de participer à la guerre d’indépendance algérienne, déclenchée le 1er novembre 1954 et fonde sa propre organisation armée, les Combattants de la Libération (CDL). Il organise en avril 1956 un détournement d’armes de l’armée française au profit de l’Armée de Libération Nationale (ALN) et des CDL, grâce à la participation active de l’un de ses militants, Henri Maillot, et de toute une chaine d’autres militants. Ce qui lui permet de préparer plusieurs actions armées et de créer un maquis dans l’Ouarsenis, la région d’Orléansville. Cela en fait la cible d’une répression particulière. L’un de ses militants, Fernand Iveton, qui avait déposé une bombe ne pouvant faire aucune victime est condamné à mort et guillotiné, « pour l’exemple ». Henri Maillot, qui avait rejoint ce maquis, est fait prisonnier et tué. En juin 1957, un autre militant du PCA, Maurice Audin, est arrêté et assassiné par les militaires français ; cela a été enfin reconnu en septembre 2018 par le président de la République. L’armée française a voulu faire croire à son évasion. Puis la thèse a circulé selon laquelle il aurait été tué, sans ordre, par l’un des militaires qui l’ont torturé. Mais si rien à ce jour ne vient le démontrer, c’est dans ce contexte où le choix du PCA pour la lutte armée était particulièrement visé par les responsables militaires et politiques français locaux, que la question peut être posée d’un assassinat qui serait un autre meurtre « pour l’exemple ».

Sadek Hadjeres

Né le 13 septembre 1928 à Larbaâ Nath Irathen (Grande Kabylie, Wilaya de Tizi
Ouzou) Sadek Hadjeres, a été dirigeant du Parti Communiste Algérien,
de 1952 à 1962, et des CDL. Il a été l’un des principaux organisateurs
de l’Opération Maillot et l’un des deux interlocuteurs en 1956 des chefs
du FLN, Abane Ramdane et Benyoucef Benkhedda, pour organiser la
participation du PCA à la guerre d’indépendance algérienne. Membre du
Bureau politique du Parti, il est condamné par contumace aux travaux
forcés par un tribunal français. En 1962, dès après l’indépendance, Ben
Bella interdit le PCA qui rentre dans la clandestinité. Sadek Hadjeres fait
de même. Il n’en sortira réellement qu’en 1989. En 1992, il quitte l’Algérie
pour la France où il exerce une activité de chercheur en géopolitique, à
Paris 8. Il demeure toutefois, jusqu’à aujourd’hui, un personnage très
influent du débat politique en Algérie.

L’opération Maillot

Algérie, 1956.
L’aspirant Henri Maillot, né en 1928 à Alger, membre du Parti Communiste
Algérien, déserte l’armée française avec un lot d’armes destiné à alimenter les
groupes des Combattants de la Libération que le Parti Communiste a créés.
Alors que le PCA noue des contacts avec le FLN, pour unifier la lutte, Henri se
cache. Traqué par l’armée française et les hommes du bachaga Boualem, Maillot est encerclé et tué avec quatre camarades dont Maurice Laban, vétéran de la guerre d’Espagne. Les survivants rejoindront l’ALN.

Okacha Touita

Né le 1er juin 1943 à Mostanganem, Okacha Touita étudie le cinéma et devient
comédien, puis assistant réalisateur, notamment de Raoul Ruiz.
Il tourne un premier court-métrage en 1974, Classe normale.
. Rue Tartarin (cm – 1980)
. Les Sacrifiés (Prix Georges Sadoul - 1982)
. Le Rescapé (1986)
. Le Cri des hommes (cm - 1990)
. Dans le feu, hier et aujourd’hui (1999)
. Morituri (2007)

Scénario : Nadia Char, Okacha Touita,
Image : Sofiane El Fani
Son : Moncef Taleb, Mehdi El Filali Marhoum, Samy Gharbi
Montage : Pascale Alibert
Musique : Adrien Dennefeld
Interprètes : Martin Potard, Menad M’Barek, Mathieu Brion, Aimed Benchenni, Miloud Khetib, Collette Krafe, Mabrok Ferroudji, Khaled Benaissa, Mourad Oujid.



Voir sur ce sujet :

Un témoignage essentiel
1955-1957 :

La participation du parti communiste algérien à la lutte armée d’indépendance et le rôle de Maurice Audin

par Sadek Hadjeres