Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

publié le 17 janvier 2020
La période coloniale de l’Algérie illustrée par Jacques Ferrandez

Cette série en bandes dessinées éditée par les éditions Casterman comporte actuellement sept volumes : Djemilah, L’année de feu, Les fils du Sud, Le centenaire, Le cimetière des princesses, La guerre fantôme, L’année de la bombe. Elle traite de l’histoire de l’Algérie coloniale : la conquête, l’Algérie française, jusqu’à la proclamation de l’indépendance en 1962. L’aventure a une histoire qui débute vers 1850 avec le désir des confins, ses figures mythiques comme Rimbaud, Isabelle Eberhardt ou Lawrence d’Arabie... Le texte est de l’historien Sylvain Venayre [1] qui présente ci-dessous l’ouvrage. Les illustrations de Jacques Ferrandez sont extraites des « Carnets d’Orient ».

 
Le livre Coloniser - Exterminer d’Olivier Le Cour Grandmaison

Dans son ouvrage, Coloniser - Exterminer - Sur la guerre et l’État colonial, paru en janvier 2005 aux éditions Fayard, Olivier Le Cour Grandmaison montre que la violence coloniale n’était pas un épiphénomène qui aurait pu être évité mais qu’elle était constitutive du système. Il cite des écrits préconisant l’extermination de populations autochtones. Nous publions l’article à son sujet de Jérôme-Alexandre Nielsberg paru dans l’Humanité le 12 février 2005 ainsi que la table des matières du livre.

 
Frantz Fanon psychiatre, d’après le livre de Patrick Clervoy et Maurice Corcos

Le texte qui suit est une présentation sommaire de la vie et de la pensée de Frantz Fanon [2], très largement inspirée d’un chapitre de l’ouvrage Petits moments de la psychiatrie en France de Patrick Clervoy et Maurice Corcos, publié aux éditions EDK, en janvier 2005. Les parties de ce livre qui ont été reprises sont encadrées par des guillemets « … », et suivies du numéro de la page. Merci à Patrick Clervoy, psychiatre, chef du service de psychiatrie de l’Hôpital d’instruction des armées Sainte-Anne de Toulon, de nous avoir autorisé cette utilisation de son texte.

 
Le livre « Un mensonge français » accumule les erreurs et les omissions, par Mohammed Harbi et Gilbert Meynier

Le livre Un mensonge français. Retours sur la guerre d’Algérie de Georges-Marc Benamou est paru en 2003 chez l’éditeur Robert Laffont. Dans leur article publié dans le numéro de la revue « Confluences Méditerranée » de l’hiver 2003-2004, les historiens Mohammed Harbi et Gilbert Meynier montrent ses erreurs de fait et son simplisme affligeant. Ses multiples accusations à l’emporte-pièce contre le général de Gaulle, son procès intenté à une supposée « religion anticolonialiste » d’escence totalitaire, sont des exemples de ses élucubrations. Ce livre pèse lourd de son poids de nostalgies coloniales et nationalistes françaises.

 
A propos de La fracture coloniale, un entretien avec Nicolas Bancel, Pascal Blanchard et Sandrine Lemaire

Après la parution du livre collectif, La fracture coloniale. La société française au prisme de l’héritage colonial, co-dirigé par Nicolas Bancel, Pascal Blanchard et Sandrine Lemaire et publié, à la suite de nombreux autres ouvrages [3], en 2005, aux éditions La Découverte, ces auteurs ont donné un entretien autour de ce livre pour le site oumma.com. Leurs propos ont été recueillis par la rédaction d’oumma.com, et publiés le 29 septembre 2005.

 
Henri Alleg : « La colonisation : un crime contre l’humanité »

L’hebdomadaire Politis a publié le 8 septembre 2005 un long entretien avec Henri Alleg à l’occasion de la sortie de son livre, Mémoire algérienne [4]. Il a répondu aux questions d’Olivier Doubre, qui a qualifié son ouvrage de « L’un des plus beaux livres de cette « rentrée » éditoriale : le témoignage d’une existence de combat, d’espoirs et de douleurs, dans l’Algérie coloniale en lutte pour son émancipation ». Nous publions un large extrait de cet entretien.

 
« Le livre noir du colonialisme - XVIe-XXIe siècle : de l’extermination à la repentance », sous la direction de Marc Ferro

Le livre noir du colonialisme - XVIe-XXIe siècle : de l’extermination à la repentance, sous la direction de Marc Ferro. Voici sous la plume d’une équipe d’historiens, d’anthropologues et de sociologues réputés — Elika M’Bokolo, Pap Ndiaye, Jacques Pouchepadass, Yves Bénot, Catherine Coquery-Vidrovitch, pour ne citer que les plus connus —, conduite par l’historien de l’école des Annales Marc Ferro, un réquisitoire impitoyable contre le colonialisme occidental et les crimes commis par ses protagonistes dans les quatre coins du monde au nom de la supériorité raciale et civilisationnelle. Voici la présentation de cet ouvrage par Claude Wauthier, publiée en mars 2003 sur le site de RFI.



 
La fracture coloniale, dirigé par Pascal Blanchard, Nicolas Bancel et Sandrine Lemaire

Quel est le poids du passé colonial sur le présent de la société française ? Nous reproduisons ci-dessous l’introduction, par Pascal Blanchard, Nicolas Bancel et Sandrine Lemaire, de l’ouvrage La fracture coloniale- La société française au prisme de l’héritage colonial, publié sous leur direction en novembre 2005 [5]. Une présentation de l’ouvrage est accessible ici.

« Au commencement est le mépris. »
Paul VALERY, Orient et Occident. Regard sur le monde actuel, 1931.

« Je n’ai pas le droit, moi homme de couleur, de souhaiter la cristallisation chez les Blancs d’une culpabilité envers le passé de ma race. Je n’ai pas le droit, moi homme de couleur, de me préoccuper des moyens qui me permettraient de piétiner la fierté de l’ancien maître. Je n’ai ni le droit ni le devoir d’exiger réparation pour mes ancêtres domestiqués [...]. Je ne suis pas esclave de l’esclavage qui déshumanisa mes pères. »
Frantz FANON, Peau noire, masques blancs, 1952.

« Les événements à venir vont déterminer le sort de mon pays, et plus que cela. »
Raymond ARON, discours sur la guerre d’Algérie à Harvard, 12 juin 1958.

 
Le livre La fracture coloniale présenté par Pascal Blanchard

Alors que la polémique sur l’héritage colonial enflamme en 2005 la société française, François Armanet et Gilles Anquetil examinent, le 3 novembre 2005 dans le n° 2139 du Nouvel Observateur, les conséquences de nos trous de mémoire, telles qu’elles sont abordées dans le livre La Fracture coloniale paru à La Découverte sous la direction de Pascal Blanchard, Nicolas Bancel et Sandrine Lemaire. Historien, chercheur associé au CNRS, Pascal Blanchard est l’auteur de La République coloniale (Albin Michel) et a codirigé Le Paris noir (Hazan), Le Paris arabe et Le Paris Asie à La Découverte. Ils donnent la parole à Pascal Blanchard.


 
Mona Chollet commente « Le corps d’exception » de Sidi Mohammed Barkat

Mona Chollet présente et commente ici le dernier ouvrage de Sidi Mohammed Barkat, Le corps d’exception - Les artifices du pouvoir colonial et la destruction de la vie, paru aux éditions Amsterdam en septembre 2005 [réf.]. Sa réflexion est d’autant plus utile qu’elle se situe au lendemai de la révolte des banlieues populaires d’octobre 2005.

 
Marianne et les colonies, de Gilles Manceron

Les droits de l’Homme sont-ils crédibles ? Alors que la Ière République a aboli l’esclavage et voulu étendre la loi commune aux colonies, la IIème a encouragé la colonisation de l’Algérie et la IIIème surtout, pour justifier son droit à coloniser » qu’elle s’est arrogé au nom de l’idée des « races supérieures », a restreint explicitement la portée des droits de l’Homme. Ci-dessous, l’article intitulé « Un questionnement nécessaire à l’écriture de l’histoire coloniale de la France » publié par Nadjia Bouzeghrane dans le quotidien algérien El Watan, le 2 mars 2006.

 
Tamango, de Prosper Mérimée (1829)

Prosper Mérimée avait 26 ans, en 1829, quand il écrivit sa nouvelle « Tamango ». Romancier et critique français, né à Paris en 1803, mort à Cannes en 1870, Mérimée est surtout connu comme auteur de Carmen. Il soutiendra plus tard les régimes de la Monarchie de Juillet et du Second empire qui fermèrent les yeux sur différentes formes d’esclavage [6]. Mais cette œuvre de jeunesse est une mise en cause de la traite et de l’esclavage, un texte à (re)lire à l’occasion de la Journée du 10 mai décidée en 2006 pour commémorer son histoire et sa mémoire. Voici le début de Tamango.

 
La Guerre d’Algérie : une histoire apaisée ? de Raphaëlle Branche

Raphaëlle Branche, maître de conférences à l’université Paris-I, autrice d’une thèse publiée en 2001 chez Gallimard sous le titre La Torture et l’armée pendant la guerre d’Algérie, 1954-1962, a publié en 2005 un livre analysant l’évolution des débats publics et historiographiques sur la guerre d’Algérie, La Guerre d’Algérie : une histoire apaisée? en poche Seuil, « Points histoire », « L’histoire en débats ». Ci-dessous la présentation de cet ouvrage par Gibert Meynier pour la revue Confluences Méditerranée et un entretien recueilli par Jean Birnbaum dans Le Monde du 23 septembre 2005.

 
La trahison, un film de Philippe Faucon

Le film « La trahison » de Philippe Faucon est une réflexion sur les contradictions d’une guerre longtemps demeurée « sans nom ». Il est adapté du livre de Claude Sales (La Trahison, éditions du Seuil), qui a lui-même contribué au scénario, et il a été entièrement tourné en Algérie. Il a été présenté par son réalisateur à Toulon, le 27 janvier 2006, au cinéma Royal. Ci-dessous la présentation du dossier pédagogique réalisé par le distributeur ainsi que le point de vue de l’historien Benjamin Stora, recueilli par Vital Philippot pour l’Agence Cinéma Education.

 
La réaction d’Alain Ruscio au livre Coloniser - exterminer d’Olivier Le Cour Grandmaison

Peu avant la sortie du livre d’Olivier Le Cour Grandmaison, Coloniser - Exterminer - Sur la guerre et l’État colonial, aux éditions Fayard [7], Alain Ruscio a publié dans L’Humanité du 28 décembre 2004 un article à son sujet. En accord avec la caractérisation par l’auteur de la violence comme constitutive du système colonial, il regrette qu’il cite des écrits préconisant l’extermination des populations indigènes mais n’évoque pas la pensée protestataire anticoloniale, qui a existé elle aussi, notamment lors des conquêtes.


 
L’historien Todd Shepard analyse la République française post-coloniale

Dans son livre The Invention of Decolonization : The Algerian War and the Remaking of France (Ithaca, Cornell University Press, 2006), Todd Shepard, professeur associé à l’Université Temple de Philadelphie, montre qu’à la fin de la période coloniale, les élites politiques et intellectuelles françaises ont été incapables de réfléchir à la contradiction fondamentale entre les principes républicains et les 132 ans de domination brutale en Algérie. D’où l’occultation de cette histoire, et la manière dont la nationalité française a été redéfinie après 1962, par l’exclusion de ceux à qui la citoyenneté avait pourtant été enfin reconnue en 1958. Il développe son analyse dans cet article paru dans la revue Contretemps, n° 16, janvier 2006.

 
Il y a cinquante ans, Le portrait du colonisé d’Albert Memmi

Après avoir publié le « Portrait du colonisateur de bonne volonté » dans Les Temps modernes en avril 1957, Albert Memmi faisait paraître le « Le portrait du colonisé » dans Esprit, en mai 1957. Les deux textes devaient être réunis et développés dans « Portrait du colonisé - Portrait du colonisateur » [8]. Nous reproduisons ci-dessous Le Portrait du colonisé tel qu’il est proposé sur le site de la revue Esprit à l’occasion de la parution de son numéro de décembre 2006 intitulé « Pour comprendre la pensée postcoloniale » [9].

 
René Gallissot, à l’occasion de la parution de deux ouvrages : « je suis contre la soumission des historiens aux commandes de l’Etat »

A l’occasion de la parution de deux ouvrages, Algérie. Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et La République française et les indigènes, René Gallissot a accordé deux interviews que nous reprenons ci-dessous. Dans la première, publiée par BabelMed, il revient sur les polémiques auxquelles la loi du 23 février 2005, qui glorifie l’« œuvre coloniale française », a donné lieu aussi bien en France qu’en Algérie. Dans la seconde, publié par El Watan, il s’exprime sur l’évolution prévisible des rapports franco-algériens à la suite du changement de président de la République en France.

 
Histoire de la colonisation : réhabilitations, falsifications et instrumentalisations

Ce livre se veut cri d’alerte. Le cadavre du colonialisme empuantit toujours l’atmosphère, pour paraphraser François Mauriac... Une entreprise de réhabilitation de ce système est à l’œuvre. Réactionnaires, “nostalgériques”, anciens baroudeurs des guerres de décolonisation ont (re)commencé un travail patient et multiforme. Les laudateurs du colonialisme ont réussi le tour de force de faire passer un appareil idéologique des années 30-40-50 du siècle passé comme une nouveauté. La loi du 23 février 2005 n’était pas un épiphénomène, mais un épisode d’un mouvement de fond dans le monde des idées, et des actes. Cette constatation ne vise en aucun cas les historiens, avec lesquels il peut y avoir des débats, des désaccords, parfois des polémiques, mais qui appliquent les règles habituellement reconnues de la recherche historique. Aussi, face à cette offensive, il a paru nécessaire à un collectif d’historiens de rappeler quelques acquis de la recherche historique en matière coloniale.

 
« Les mots de la colonisation », dirigé par Sophie Dulucq, Jean-François Klein et Benjamin Stora

Viennent de paraître Les mots de la colonisation, un ouvrage codirigé par Sophie Dulucq, Jean-François Klein et Benjamin Stora [10]. À travers l’analyse d’une centaine de mots — ceux des colonisateurs comme ceux des colonisés, mots de l’historiographie spécialisée, aussi —, où se côtoient bled et brousse, nègre et néocolonialisme, opium et otages, ce kaléidoscope linguistique veut permettre au lecteur d’appréhender la variété et la complexité des situations coloniales.

 
Un film de Jean-Pierre Lledo, à voir et à débattre

Le dernier long-métrage documentaire de Jean-Pierre Lledo, “Algérie, histoires à ne pas dire”, troisième volet de sa Trilogie d’exil, est sorti en France le 27 février 2008 en partenariat avec le quotidien Le Monde, Radio France Internationale, ainsi que les associations Coup de Soleil et ACID (Agence du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion). Un site consacré au film donne le calendrier des débats organisés à cette occasion. Ci-dessous les points de vue des historiens Gilles Manceron et Benjamin Stora. Vous trouverez, par ailleurs, ceux d’Olivier Barlet et de Brahim Senouci.

 
“Dans la vie”, un film de Philippe Faucon

“Dans la vie” - Réalisation : Philippe Faucon - France, 2008, durée : 1 h 15 min.
Avec : Zohra Mouffok, Ariane Jacquot et Sabrina Ben Abdallah.

Esther, une femme âgée et paraplégique, a besoin d’une assistance permanente. Sélima, l’infirmière de jour, propose les services d’Halima, sa mère, une musulmane. Une vraie complicité se crée entre les deux femmes…

Le film sort en France le 12 mars. Une avant-première toulonnaise aura lieu le 4 mars 2008 à 20 heures, au cinéma « Le Royal », en présence des comédiens.

 
Le débat autour du dernier film de Jean-Pierre Lledo (suite)

Le débat continue à se développer à propos du long-métrage documentaire de Jean-Pierre Lledo, Algérie, histoires à ne pas dire, troisième volet de sa Trilogie d’exil, sorti en France le 27 février 2008 en partenariat avec le quotidien Le Monde, Radio France Internationale, ainsi que les associations Coup de Soleil et ACID (Agence du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion). Un site consacré au film donne le calendrier des débats organisés à cette occasion. Après les points de vue de Gilles Manceron et Benjamin Stora, nous publions ceux d’Olivier Barlet et de Brahim Senouci.

 
« Le mythe national. L’histoire de France revisitée », par Suzanne Citron

Une nouvelle édition du Mythe national de Suzanne Citron paraît en 2008, particulièrement bienvenue à l’heure de la définition ministérielle de l’identité nationale et les débats sur la colonisation. Pour repenser l’histoire de France, elle décortique d’abord le schéma du « roman national » de la Troisième République à travers les manuels scolaires. Ce récit magnifié des pouvoirs et des conquêtes qui ont non seulement créé la France, mais aussi la « plus grande France », l’empire colonial. Les débats autour des lois mémorielles ont-ils vraiment révisé ce mythe hérité du XIXe siècle, ou n’en ont-ils égratigné que quelques pans ? Nous publions la préface de cette nouvelle édition.

 
Mohammed Harbi à propos du film « Algérie, histoires à ne pas dire »

La projection du film de Jean-Pierre Lledo, “Algérie, histoires à ne pas dire”, vendredi 14 mars 2008, au Studio Reflet Médicis à Paris, a été suivie d’un débat avec Mohammed Harbi, dont l’enregistrement vidéo est accessible sur le site du film (la 8ème vidéo de cette page). Voici la partie liminaire de l’intervention de Mohammed Harbi, suivie de sa réponse à une question posée par un spectateur [11]. Ce point de vue vient compléter les avis que nous avons publiés sur ce film provenant de (cliquez sur le nom pour accéder au texte) : Gilles Manceron, Benjamin Stora, Olivier Barlet. Nous avons également repris une lettre ouverte de Brahim Senouci à laquelle Jean-Pierre Lledo a répondu par un texte accessible notamment sur le site suivant.

 
Dominique Cabrera : « Il aurait fallu vouloir une Algérie arabe, berbère, juive et pied-noire »

Le 26 mai 2008, la LDH a organisé à l’Auditorium de l’Hôtel de Ville de Paris un débat à partir du film Algérie, Histoires à ne pas dire de Jean-Pierre Lledo, et du reportage « Sans valise ni cercueil, les Pieds-noirs restés en Algérie » de Pierre Daum et du dessinateur Aurel dans Le Monde diplomatique de mai 2008. Avec pour titre « De quoi les pieds-noirs ont-ils eu peur ? », il a été animé par Georges Morin, président de l’association Coup de soleil, avec Pierre Daum, Mohammed Harbi, Jean-Pierre Lledo, Gilles Manceron et Benjamin Stora. Nous reproduisons ailleurs l’intervention de Jean-Pierre Gonon sur le rôle extrêmement négatif de l’OAS, et ci-dessous celle de la cinéaste Dominique Cabrera.

 
Suzanne Citron : “Nos ancêtres les Gaulois...” ? Ils sont fous ces historiens !

Pour l’historienne Suzanne Citron, qui s’intéresse notamment à l’historiographie scolaire et a publié Le Mythe national, l’histoire de la France revisitée, (éd. de l’Atelier, 2008), les ancêtres gaulois sont une fiction récente et la question des origines et de l’histoire doit être posée autrement. Nous reprenons un article d’elle initialement publié le 23 juin 2008 sur le site Rue89.

 
“La République impériale”, par Olivier Le Cour Grandmaison

Au tournant du XIXe siècle, les républicains favorables aux conquêtes coloniales ont réussi là où leurs prédécesseurs avaient échoué. Entre 1871 et 1913, les possessions françaises outre-mer sont passées de moins d’un million de kilomètres carrés à 13 millions, le nombre d’ « indigènes » progressant de 7 à 70 millions en 1938. Comment diriger un empire aussi vaste ? Quelles orientations – assimilation ou association – mettre en œuvre dans les territoires de la « Plus Grande France » ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles Olivier Le Cour Grandmaison tente de répondre dans La République impériale - Politique et racisme d’Etat [12]. Nous reprenons ci-dessous la présentation de son livre par l’historienne Catherine Coquery-Vidrovitch, suivi d’un un extrait de celui-ci.

 
“Les enjeux politiques de l’histoire coloniale”, par Catherine Coquery-Vidrovitch

Dans son livre Les enjeux politiques de l’histoire coloniale, l’historienne Catherine Coquery-Vidrovitch, professeure émérite d’histoire contemporaine de l’Afrique à l’université Paris-Diderot, fait le point du sursaut à la fois savant et politique qui a suscité l’émergence d’une vision de l’histoire, non pas refermée sur elle-même, mais replaçant l’histoire de la France dans l’histoire de l’ensemble du monde. A la suite du sommaire, nous en publions le début de l’introduction, puis sa présentation par Alain Ruscio.

 
Réflexion sur les récits de l’Algérie coloniale dont les colonisés sont absents, par Eric Savarese

Un collectif d’universitaires s’est réuni à Narbonne le 19 avril 2007 à l’initiative d’Eric Savarese [13] pour réfléchir à la contribution qu’ils pourraient apporter au dépassement de la guerre des mémoires algériennes en France. Les contributions individuelles ainsi que le rapport de synthèse ont fait l’objet d’une publication : Eric Savarese (dir.), L’Algérie dépassionnée. Au delà du tumulte des mémoires, Paris, Syllepse, 2008 [14]. Nous reprenons ci-dessous de larges extraits du troisième chapitre de cet ouvrage, dû à Eric Savarese et intitulé « Des récits à l’histoire. Penser la relation coloniale », qui permet de réfléchir aux récits de l’Algérie coloniale dont les colonisés sont absents.

 
“Un siècle d’immigration des Suds en France”, par l’Achac

Le coffret « Un siècle d’immigration des suds en France » paraît en 2010, aux éditions La Découverte. Il rassemble une série de huit livres maintenant réunis en seul coffret. L’Achac a publié ces ouvrages au cours de dix ans d’un travail visant à décrypter le regard d’un pays sur ses nouveaux habitants, entre images et imaginaire colonial. Des milliers de photos ont été rassemblées et une exposition en plein air autour de l’Hôtel de Ville de Paris a été réalisée sur le thème, « Paris, 150 ans d’immigration ». Nous publions l’article de Stéphanie Binet publié par Libération le 26 février 2010 à propos de ce livre.

 
Benjamin Stora à Alger à propos de « La gangrène et l’oubli » et de « Le Mystère De Gaulle »

Benjamin Stora était à Alger les 5 et 6 juin 2010 à l’occasion de la publication en Algérie, par l’éditeur Sédia, de ses livres La gangrène et l’oubli et Le Mystère De Gaulle, son choix pour l’Algérie. L’historien a fait une vente-dédicace de ces deux ouvrages à la Librairie du Tiers-Monde et donné une conférence-débat autour de son dernier livre au Centre culturel français (CCF). Une opportunité pour Algérie News de réaliser un entretien avec lui à propos de son actualité éditoriale algérienne et de ses travaux de recherche sur le fait colonial en Algérie.

 
Théâtre : les fantômes intimes de la guerre d’Algérie

Le troisième volet de la trilogie de l’auteur et metteur en scène Baptiste Amann, « Des territoires (…et tout sera pardonné ?) », donnée jusqu’au 13 décembre 2019 à Paris, au Théâtre de la Bastille, puis en tournée en France jusqu’en avril 2020, réussit avec talent à mêler l’actualité de la société française aux résurgences de l’histoire de la guerre d’Algérie. Nous reproduisons l’article que lui a consacré Fabienne Darge, dans les pages « Culture » du quotidien « Le Monde », le 28 novembre 2019, ainsi que celui d’Emmanuelle Bouchez paru dans « Télérama » le 23 novembre 2019.

 
L’absence de débat politique autour de la sortie en 2010 du film “Des hommes et des dieux”

La sortie du film Hors-la-loi de Rachid Bouchareb a suscité de nombreux débats en France. En particulier, les historiens ont été interrogés sur le cadre historique du film. Benjamin Stora, spécialiste de l’Algérie contemporaine [15], a noté de multiples erreurs du film, mais il a souligné que « Hors-la-loi a le mérite de faire entendre un point de vue nouveau, différent, celui de l’ancien colonisé ou de l’immigré ; qu’il tente d’établir une généalogie de la violence coloniale en évoquant la dépossession des terres et la misère paysanne et qu’il installe dans son ancienneté l’immigration ouvrière algérienne en France. [16] ».

Benjamin Stora s’interroge en revanche, ci-dessous, devant l’absence de discussion autour de la sortie du film Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois sur les moines sacrifiés en Algérie. L’explication tient sans doute en partie, comme Henry Quinson l’expose, au fait que le film n’aborde à aucun moment la raison profonde de la présence de chacun des moines de Tibhirine sur cette terre d’Algérie.

 
Saartjie Baartman, la « Vénus noire »

Vénus noire, le film d’Abdellatif Kechiche inspiré de l’histoire de la « Vénus hottentote », Saartje Baartman, sort le 27 octobre 2010. Cette femme sud-africaine a été exhibée dans les salons européens au début du XIXe siècle, puis ce sont ses restes qui ont longtemps été exposés dans des musées français. Il aura fallu près de deux siècles pour que, le 9 août 2002, elle soit inhumée en Afrique du sud, près du village de Hankey (Eastern Cape) dont elle était originaire, en présence du président Mbeki et de nombreux dignitaires. Nous publions un article qui relate son histoire.

 
« La rhapsodie méditerranéenne » de Jean-Marie Lamblard

Pour Jean-Marie Lamblard, la Méditerranée a toujours été un lieu de rencontres et d’échanges entre peuples, religions et cultures. Francs, Arabes, Berbères, Wisigoths, Vandales, Maures, Byzantins, Occitans, chrétiens, juifs et musulmans… tous, aimantés par ce centre liquide, se sont rencontrés, visités et battus, ils ont échangé, se sont aimés, assemblés et ont parfois fini par se ressembler. Son « essai métissé », Rhapsodie méditerranéenne, est présenté le 10 novembre 2010 à la Maison de la Poésie et le 1er février 2011 à la librairie parisienne Le Divan, pour une rencontre/signature, accompagnée d’une lecture des bonnes pages.

 
“Y’a bon les colonies ?” par Alain Ruscio

Ce livre d’Alain Ruscio paru en 2011 se présente comme une galerie de portraits au vitriol. C’est un dictionnaire de personnalités ayant une certaine importance sur la scène politique française et qui se distinguent par un discours empreint d’un néo-colonialisme latent ou d’une nostalgie du temps des colonies, teintés d’un racisme sous-jacent. L’auteur montre que ces personnes, de François Copé à Éric Zemmour en passant par Brigitte Bardot, au delà de leurs sympathies politiques et de leur rôle dans la société française, tiennent un discours aberrant mais décomplexé et en apparence socialement admis. Ce livre vient de se voir décerner, ex æquo avec Kamerun, la guerre cachée de la France en Afrique Noire (1968-1971) de Thomas Deltombe, Manuel Domergue et Jacob Tatsita (éd. La Découverte, octobre 2010), le Prix du Livre Anticolonial 2011.

 
“La France noire”, un livre dirigé par Pascal Blanchard

La France noire est une longue histoire. Elle commence au XVIIe siècle au moment du Code noir et elle traverse trois siècles d’histoire de France, trois siècles de présence de personnes venant des Caraïbes, de l’Afrique, de l’océan Indien ou d’Océanie. Des présences qui ont contribué à bâtir l’histoire politique, culturelle, artistique et économique de notre pays. Ce “beau livre” en raconte l’histoire, en montre les traces et les images, sans oublier les contradictions, du temps des « sauvages » à celui de la citoyenneté.

 
Au Festival d’Avignon : “Une valse algérienne” d’Elie-Georges Berreby

La pièce “Une valse algérienne” d’Elie-Georges Berreby qui est donnée en 2012 au Festival d’Avignon (off) est une sorte de « Roméo et Juliette » dans l’Algérie de 1963. Ce spectacle, mis en scène par Geneviève Rozental, joué du 7 au 28 juillet 2012 à 11h, à l’Espace Roseau (8 rue Pétramale, Avignon), soutenu par la LDH, pose la question : l’Algérie d’après 1962 a-t-elle vraiment accepté les Européens qui ont voulu rester après l’indépendance ? Des débats sont organisés autour de cette pièce après certaines représentations.

 
Un dictionnaire des mots français d’origine arabe, par Salah Guemriche

Salah Guemriche attire notre attention dans ce livre sur les mots français — comme bougie ou mazagran — “empruntés” par le français à l’Algérie. Son Dictionnaire des mots français d’origine arabe (et, pour un certain nombre, turque et persane), retrace l’histoire de près de 400 mots — arobase, zéro, douane, houle, récif, abricot, zéro, algèbre, alcool, café, chimie, calibre, échecs, hasard, jupe, lilas, magasin, masser, matelas, nénuphar, pyjama, raquette, risque, sirop, tarif, truchement, zénith…  —, leur étymologie, leur évolution orthographique, leurs usages anciens et modernes, le tout agrémenté d’une anthologie de textes allant de Rabelais à Houellebecq. Ci-dessous, une présentation de cet ouvrage qu’Assia Djebar a jugé « d’une valeur éducative exceptionnelle », et qui apporte de quoi méditer la question de l’« intégration » sous un jour nouveau.

 
Juillet 2014 : « Les pieds tanqués », au Festival d’Avignon

Quatre personnages, joueurs de pétanque – Zé, Yaya, Loule et Mr Blanc –, sont en scène dans cette partie de boules de tous les dangers : un Français rapatrié d’Algérie, un Français de la seconde génération issue de l’immigration algérienne, un Français provençal de « souche », un Francilien fraîchement arrivé en Provence. Chacun des personnages aura sa propre revendication identitaire et territoriale, chacun d’eux aura sa déchirure secrète et un lien avec les évènements d’Algérie, chacun livrera sa vérité. Ils s’opposeront ou se ligueront, mais chacun aura à cœur de continuer et finir cette partie qui les lie et les rassemble au delà de tout.

Philippe Chuyen, auteur et metteur en scène, a voulu par le biais du théâtre contribuer à un « travail de re-visitation lucide du passé à la lumière de notre conscience d’aujourd’hui ». Une réussite !

[Mis en ligne le 14 août 2012, mis à jour le 2 juillet 2014]


 
« Histoire de l’Algérie à la période coloniale, 1830-1962 », une histoire sans tabous

À l’occasion du cinquantième anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, les éditions La Découverte à Paris et Barzakh à Alger ont réalisé un ouvrage collectif sur l’Algérie à la période coloniale (1830-1962), nourri des nombreux travaux historiques produits ces dernières années. Ecrit par des auteurs algériens, français ou anglo-saxons, il replace la guerre d’indépendance dans le temps long de la période coloniale. Il propose une histoire sans tabous, indispensable à l’heure où la permanence des mémoires blessées et des récits biaisés continue à entretenir, de part et d’autre de la Méditerranée, des tensions qui doivent enfin pouvoir être dépassées. En voici l’introduction suivie de la liste des auteur(e)s.

 
« Nouvelle histoire des colonisations européennes (XIXe-XXe siècle) »

Cet ouvrage collectif dirigé par Amaury Lorin et Christelle Taraud renouvelle les questions historiographiques sur le thème des colonisations européennes contemporaines dans une démarche comparative. Dix-huit chercheuses et chercheurs y contribuent dans une démarche internationale et pluridisciplinaire. Le livre plonge au cœur des sociétés coloniales, en abordant le fait colonial dans une perspective comparative qui le réintègre pleinement dans l’histoire des sociétés métropolitaines dont celles-ci sont issues.

 
« La France arabo-orientale », partie intégrante du pays au XXIe siècle

Le livre La France arabo-orientale. Treize siècles de présences, dirigé par Pascal Blanchard, Naïma Yahi, Yvan Gastaut et Nicolas Bancel, est paru en octobre 2013 aux éditions La Découverte. L’histoire qu’il reconstitue commence dès le VIIe siècle, au moment des conquêtes arabes, et traverse treize siècles d’histoire. Ces présences ont contribué à bâtir l’histoire politique, culturelle, militaire, religieuse, artistique et économique de ce pays. Elles ont produit les identités multiples qui sont partie intégrante de la France du XXIe siècle. Nous reproduisons la préface de Benjamin Stora.

 
“la traversée”, film d’Élisabeth Leuvrey

Le Centre Social et Culturel Nelson Mandela de La Seyne sur mer, en coopération avec Les Amis des Rencontres de Tamaris, présente, jeudi 23 janvier 2014 à 18h :
LA TRAVERSÉE
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documentaire de Elisabeth Leuvrey, suivi d’une rencontre/débat en présence de la réalisatrice.

 
“Les statues meurent aussi”, de Chris Marker et Alain Resnais (1953)

Les statues meurent aussi est un documentaire-court métrage français réalisé par Chris Marker et Alain Resnais, sorti en 1953. Il fut commandité par la revue Présence africaine. Partant de la question « Pourquoi l’art nègre se trouve-t-il au musée de l’Homme alors que l’art grec ou égyptien se trouve au Louvre ? », les deux réalisateurs dénoncent le manque de considération pour l’art africain dans un contexte de colonisation. Le film a été censuré en France pendant huit ans en raison de son point de vue anti-colonialiste.

 
Les « lignes de démarcation » de Suzanne Citron

Historienne passionnée, enseignante au lycée puis à l’université de Villetaneuse, Suzanne Citron a traversé le XXe siècle avec une posture de résistance, sous l’Occupation comme pendant la guerre d’Algérie. Connue pour son ouvrage de référence sur le mythe national, qui a remis en question un regard historiographique positiviste identifiant la nation à l’État [17], elle évoque, dans l’entretien publié en 2014 par l’Humanité que nous reproduisons ici, son parcours qu’elle a aussi retracé dans son livre de Mémoires paru en 2003, Mes lignes de démarcation.

 
Louis-Georges Tin, « Esclavage et réparations »

La colonisation et l’esclavage ont été des crimes contre l’universalité des droits de l’Homme. Plus personne aujourd’hui ne songe sérieusement à le nier. Il n’est pas question maintenant de se lancer dans de vaines querelles sur les responsabilités passées. Mais il nous reste à affronter les problèmes que ce passé pose aux vivants et à tenter de trouver des réponses aux questions qu’il soulève – et notamment : peut-on envisager des « réparations » ? lesquelles ?… C’est la réflexion qu’entreprend dans ce livre Louis-Georges Tin. Nous publions ci-dessous deux réactions à cet ouvrage et aux questions qu’il soulève.

 
L’écrivain Jean-Marie Gustave Le Clézio : « Coexister, c’est comprendre ce qui peut offenser l’autre »

Jean-Marie Gustave Le Clézio, prix Nobel de littérature 2008, né à Nice en 1940, est de nationalité française et mauricienne. Il a beaucoup voyagé, s’est intéressé aux cultures amérindiennes et a raconté à sa manière la colonisation du Sahara occidental dans Désert (Gallimard, 1980). Dans un entretien publié par Le Monde en 2014, il parle de la pluralité des cultures et déclare notamment : « Lorsqu’un pays impose par la force ses lois, sa langue, ses coutumes à des peuples, le simple fait de les imposer les rend vains ».

 
La question algérienne dans l’inconscient collectif français, par Alain Ruscio

Pour Alain Ruscio, historien spécialiste de l’histoire coloniale, l’hostilité vis-à-vis des musulmans est profonde et très largement antérieure à la colonisation. Mais, dans Nostalgérie, l’interminable histoire de l’OAS [18], il analyse l’impact que la guerre d’Algérie a encore dans l’inconscient collectif. La faute en revient à « une seule famille politique française, écrit Alain Ruscio, celle des anciens de l’Organisation armée secrète et de leurs héritiers, [qui] l’a malhonnêtement et durablement instrumentalisée », explique-t-il dans un entretien publié dans l’Humanité le 15 mai 2015.

 
Alexis Jenni et Benjamin Stora : “le socle idéologique du FN vient de la guerre d’Algérie”

Dans un entretien rapporté par Marie Lemonnier, à l’occasion de la publication de leur ouvrage les Mémoires dangereuses, Benjamin Stora, historien du Maghreb contemporain, et Alexis Jenni, prix Goncourt 2011, racontent comment le logiciel FN continue à véhiculer un modèle de société coloniale qui obstrue nos imaginaires.

 
Benjamin Stora et Alexis Jenni : « la décolonisation des imaginaires n’est pas achevée »

Dans les Mémoires dangereuses. De l’Algérie coloniale à la France d’aujourd’hui (Albin Michel), l’historien Benjamin Stora, spécialiste de la guerre d’Algérie, a lancé, avec Alexis Jenni, auteur de L’Art français de la guerre (Gallimard, prix Goncourt 2011), un plaidoyer en faveur d’une bataille culturelle contre la radicalisation et l’obscurantisme par la réappropriation commune d’une histoire coloniale refoulée. 
Il a été l’hôte en janvier 2016 des Agoras de l’Humanité accueillies au Musée de l’histoire de l’immigration à Paris. Un entretien en a rendu compte dans l’Humanité.

 
Benjamin Stora et Alexis Jenni : « Comment sortir du choc des mémoires ? »

La société française semble encore en difficulté pour transmettre et enseigner son histoire coloniale. Cela conduit à une forme de cloisonnement des mémoires qui se traduit par la communautarisation du souvenir. Le romancier Alexis Jenni, auteur de L’Art français de la guerre (Gallimard, prix Goncourt 2011), et l’historien Benjamin Stora, spécialiste du Maghreb contemporain, en débattent le 3 février 2016, Musée national de l’histoire de l’immigration, à l’occasion de la publication de leur livre commun, Les mémoires dangereuses (Éditions Albin Michel).

 
Benjamin Stora : la mémoire blessée de l’Algérie perdue

L’historien Benjamin Stora évoque ses souvenirs d’une enfance joyeuse à Constantine, malgré la guerre d’Algérie, et analyse les conséquences de la décolonisation dans la vie politique et sociale actuelle.

Ses propos ont été recueillis par Jean-Pierre Mignard et Christine Pedotti, et publiés dans Témoignage chrétien le 28 avril 2016.

 
“Vers la guerre des identités ?”, un livre dirigé par Pascal Blanchard, Nicolas Bancel et Dominic Thomas

En 2005, deux des directeurs de “Vers la guerre des identités ?” publiaient La Fracture coloniale, juste avant la révolte dans les banlieues. Dix ans plus tard, ils reviennent, avec Dominic Thomas et une partie des mêmes auteurs, et d’autres, sur les crises identitaires et sociales qui traverse la France. Les contributions qui y sont rassemblées interrogent, avec une multiplicité d’approches, et sans négliger les passerelles historiques qui continuent à nous lier au passé colonial, les nouvelles fractures de notre société et les crises qui la traversent. Nous publions ci-dessous le début de l’introduction, suivi du sommaire de l’ouvrage.

 
Une nouvelle « Encyclopédie de la colonisation française »

Conçue par Alain Ruscio et réalisée sous sa direction, l’Encyclopédie de la colonisation française est prévue en plusieurs volumes. Elle couvre dans le temps une large période allant des Croisades à la décolonisation de la deuxième moitié du XXe siècle. Pays et régions, institutions, explorations, esclavage, post-colonialisme, religions, etc. sont traités dans des notices allant de 2 à 10 pages. Le premier volume publié par l’éditeur Les Indes Savantes, le 21 février 2017, comprend plus de 600 notices, rédigées par une soixantaine d’auteurs, tous spécialistes reconnus dans leur domaine.

 
Une biographie de l’intellectuel anticolonialiste Pierre Vidal-Naquet

Le premier des engagements de l’historien Pierre Vidal-Naquet fut son engagement anticolonialiste, qui l’a conduit à publier en 1958 son premier livre, L’Affaire Audin, pour dénoncer, à travers le cas de ce jeune universitaire membre du parti communiste algérien, la torture et les disparitions forcées pratiquées par l’armée française durant la guerre d’Algérie. Ce combat qu’il a continué durant toute sa vie est décrit par François Dosse dans la biographie qu’il lui a consacré aux éditions La Découverte. Nous publions sa présentation par l’éditeur ainsi que l’article de l’historien Gilles Manceron publié à son sujet par le quotidien l’Humanité le 16 janvier 2020.