Harkis

publié le 4 octobre 2018
Harkis : un crime d’État

Une double justice doit être rendue aux harkis : reconnaître le crime d’Etat dont ils ont été victimes, et la discrimination dont ils sont encore aujourd’hui l’objet.
par Michel Tubiana, président de la LDH [septembre 2001]

 
les harkis, qui étaient-ils ?

« Les harkis étaient ces supplétifs de l’armée française qui avaient choisi de se battre avec elle contre les nationalistes algériens. A la fin de la guerre, la France les a abandonnés. En Algérie, ils furent l’objet de massacres, les familles des combattants n’étant pas épargnées. Ceux qui avaient gagné la France furent traités en parias, abandonnés dans des sortes de camps d’internement, sans le moindre soutien économique ou social. Ils ont été marginalisés, frappés d’ostracisme, victimes du racisme, comme si la France les reniait, en avait honte, après les avoir utilisés. » [1]

 
“Dire enfin que la guerre est finie”, par Mohammed Harbi

Point de vue paru dans le Monde daté du 4 mars 2003

 
Le traité d’amitié entre l’Algérie et la France et le problème des harkis

La France et l’Algérie ont l’intention de signer un « traité d’amitié » en 2005. À cette occasion, réapparaissent des problèmes humains pour lesquels il serait temps de trouver des solutions - quarante deux ans après la fin de la guerre d’Algérie.

 
fille de harki, un livre de Fatima Besnaci-Lancou

« Le cri de Fatima Besnaci-Lancou vient nous rappeler que la guerre d’Algérie n’est pas finie pour tout le monde et que bien des plaies restent ouvertes. Avec d’autres témoignages qui nous prennent à la gorge, [...] il nous invite à repenser le drame algérien dans sa complexité et en abandonnant bien des idées reçues. » (Mohamed Harbi, historien, ancien dirigeant du FLN.)

[Première mise en ligne le 26 septembre 2004,
mise à jour le 9 octobre 2005.]

 
Le manifeste pour la ré-appropriation des mémoires confisquées

Enfants d’immigrés et de harkis, même combat ! C’est le message pacifique que Fatima Besnaci-Lancou, fille de harki, a diffusé jeudi 23 septembre 2004, veille de la Journée nationale d’hommage aux harkis, célébrée, depuis 2001.

Le Manifeste que vous trouverez ci-dessous a été rendu public par Fatima Besnaci-Lancou, auteure du livre témoignage Fille de harki [2]
et présidente de l’association Harkis et droits de l’homme. Cet appel, ouvert à la signature, se présente comme une contribution à la réconciliation franco-algérienne.

Le Manifeste se dresse contre la « simplification de l’histoire » qui a classé parmi « les bons » et « les méchants » des gens qui, « par choix, hasard ou nécessités », se sont retrouvés face à face pendant la guerre d’Algérie.

[Première mise en ligne le 26 septembre 2004,
mise à jour le 9 octobre 2005.]

 
la question des Harkis ... pour la France ... pour l’Algérie

Entretien de l’historien Gilbert Meynier [3]
avec Nadjia Bouzeghrane,
publié dans El Watan, le 10 mars 2005,
sous le titre « les harkîs n’ont été ni plus ni moins que des mercenaires ».

 
les Harkis et la loi du 23 février 2005

Lire également la réaction de l’association Harkis et droits de l’Homme.

 
Fatima Besnaci-Lancou et Claude Liauzu : les harkis, prisonniers de mémoire

Il faut lever l’opprobre qui pèse sur ces anciens soldats autochtones supplétifs de l’armée française en Algérie.

Par Fatima Besnaci-Lancou, présidente de l’association Harkis et droits de l’Homme, et Claude Liauzu, professeur à Paris-VII.

Libération, le mardi 02 août 2005.

 
les enfants des harkis ne sont pas responsables des actes de leurs parents

En ces jours-là on ne dira plus :
les pères ont mangé des raisins verts,
et les dents des fils sont agacées.

Jérémie 31:29

 
Fatima Lancou-Besnaci : J’ai envie aussi que les Algériens voient ma blessure

Fatima Lancou-Besnaci, présidente de l’Association harkis, droits de l’homme et fille de harki, livre sa réaction aux déclarations faites par le président Bouteflika à Oran sur les enfants de harkis.

Elle expose ci-dessous son point de vue sur la question des harkis.

par Nadjia Bouzeghrane [El Watan, le 15 septembre 2005]

 
les fils de harkis sont invités à rentrer à Alger, mais à s’excuser

par Florence Beaugé, Le Monde, daté du 17 septembre 2005.

 
il est temps que notre pays reconnaisse officiellement qu’il a eu vis-à-vis des harkis un comportement indigne

Vous trouverez ci-dessous la lettre que Jean-Pierre Dubois, président de la LDH, a adressée au président de la République le 20 septembre 2005, au sujet de la situation des anciens harkis et de leur famille.
La lettre a été signée par des personnalités dont vous trouverez la liste plus bas.

Cette lettre fait suite à la tribune publiée par Michel Tubiana en 2001 : Harkis : un crime d’État.

[Mise en ligne, le 21 septembre 2005,
mise à jour des signatures le 25 octobre 2005]

 
la guerre d’Algérie est finie - pour les harkis aussi

Plus de quarante ans après, il est temps de tourner la page du sens infâmant donné au mot « harki ». Pour « mieux vivre ensemble », il faut, sur les deux rives de la Méditerranée, cesser d’en faire des boucs émissaires. Il faut redire que le système colonial et la guerre coloniale sont les responsables de l’existence des harkis. Ceux-ci n’ont, bien souvent, été que des victimes de la guerre d’Algérie.

 
“nous devons procéder à la réévaluation de la question des harkis”, par Mohammed Harbi

L’historien Mohammed Harbi livre un éclairage sur cet épineux problème, dissociant le phénomène harki lui-même de la situation de leurs enfants.

par Nadjia Bouzeghrane, El Watan, jeudi 15 septembre 2005.

 
le massacre et l’abandon des harkis ..., par Jean Daniel

La troisième et dernière partie de l’éditorial du Nouvel Observateur du 4 novembre 2003 dans lequel Jean Daniel s’exprime sur le sort des harkis :
leur massacre, « une tache indélébile dans l’histoire de la guerre de libération »
leur abandon, « l’une des pages les plus honteuses de la geste gaullienne. »

 
les harkis au camp de Rivesaltes

Le « centre d’hébergement » de Rivesaltes est un « haut lieu » de la mémoire des harkis. Après avoir servi successivement entre 1939 et 1942 de camp d’internement de Républicains espagnols, de Tsiganes et de juifs de toutes nationalités [4], à partir de juin 1962 il a accueilli des tirailleurs algériens démobilisés, avant de jouer, jusqu’en décembre 1964, le rôle de plaque tournante dans la redistribution des harkis vers d’autres lieux.

Actuellement, il subsiste des vestiges de cet espace fermé où, de l’été 1962 à la fin de 1964, des « Français musulmans rapatriés » ont été regroupés, surveillés et dominés par des institutions dont ils dépendaient totalement. Le conseil général des Pyrénées-Orientales a acheté une partie des terrains militaires abandonnés pour y installer le futur Musée-Mémorial de Rivesaltes qui évoquera le souvenir des différentes populations qui y ont été internées ou « hébergées ».

[Page mise en ligne le 10 octobre 2005, revue le 15 février 2008]
 
Justice pour les Harkis ! par Dominique Schnapper

Un texte paru dans Le Monde le 4 novembre 1999.

Dominique Schnapper était alors Directrice d’études à l’EHESS. Depuis lors, elle a été nommée au Conseil Constitutionnel.

 
Béni-Messous par Michel Tubiana

La postface du livre « fille de harki » de Fatima Besnaci-Lancou [5].

 
rencontre avec Fatima Besnaci-Lancou, à Toulon, le 19 nov. 2005

Fatima Besnaci-Lancou sera présente à la Fête du livre de Toulon, les 19 et 20 novembre prochains, au stand de la librairie GAÏA.

Elle présentera son ouvrage « Fille de Harki », pour lequel elle s’est vu décerner le prix Seligmann.

 
Harkis : les apatrides de la République

par Noël Bouttier, Témoignage chrétien, 29 septembre 2005.

Fatima Besnaci-Lancou est une femme en colère. Contre l’injustice dont les harkis ont été victimes. Dans un récit précis et émouvant, elle raconte son histoire et celle des siens [6].

 
pourquoi ? pourquoi vous avez été traités comme ça ? par Dalila Kerchouche

Dalila Kerchouche, journaliste née en 1973, raconte dans « Mon père ce harki » [7] comment elle a découvert le passé de son père, de ses parents arrivés en France en 1962.

Quarante ans plus tard, elle a refait le parcours de ces familles de harkis que la France a parquées dans des camps puis oubliées.
Elle a également traversé la Méditerranée pour retrouver le village de son père et les membres de sa famille, et découvrir enfin qui était vraiment son père, et son rôle dans la guerre.

Vous trouverez ci-dessous un large extrait du chapitre intitulé MIDI - La Lettre anonyme du livre de Dalila Kerchouche .

 
panser la plaie coloniale

L’éditorial de Noël Bouttier, suivi d’un texte de Fatima Besnaci-Lancou : Loi du 23 février : quand donc finira le mépris pour les harkis ?

Articles parus dans Témoignage chrétien le 15 décembre 2005.

 
la LDH attend du PS une condamnation des propos de Georges Frèche sur les Harkis

La Ligue des droits de l’Homme demande au Parti socialiste de prendre une position officielle claire condamnant les propos scandaleux de Georges Frêche.

[Première publication, le 13 février 2006,
mise à jour, le 14 février 2006]

 
le bureau national du PS a « condamné » mardi soir les propos « inacceptables » de Georges Frêche contre les Harkis

Le BN du PS a « condamné » mardi 21 février au soir les propos « inacceptables » de Georges Frêche contre les harkis, tout en « prenant acte » des excuses présentées par le président PS de la région Languedoc-Roussillon.

Après les propos injustifiables qu’il avait tenus à Montpellier le samedi 11 février, Georges Frêche avait demandé le lundi suivant que l’on veuille bien excuser sa « maladresse ».

Les Harkis exigent des excuses : quelques centaines d’entre eux l’ont manifesté à Montpellier, samedi 18 février ; d’autres avaient été reçus la veille par un membre du cabinet de François Hollande.

Quelques-uns avaient entamé une grève de la faim devant le siège parisien du PS, afin d’être reçus par François Hollande en personne ; ils ont été « évacués sans ménagement » dans la matinée du 21 février, mais ils sont revenus...

Vous trouverez ci-dessous quelques détails concernant ces différentes informations, ainsi qu’un seul commentaire : celui de Bruno Théveny dans le Journal de la Haute Marne du 17 février.

[Dernière mise à jour : mercredi 22 février, 12h.]

 
les Harkis à Montpellier : délogés au gré du prix du m²

« Je serai fier d’avoir les harkis à côté de moi », déclarait Georges Frêche en 1997.

Y a trente ans qu’on leur promet la lune ...

 
les Harkis, ballottés de l’histoire, de droite à gauche

Samedi, à Paris, un colloque sur les harkis a dénoncé les dérapages des politiques à leur égard, en France comme en Algérie.

Par Catherine Coroller, Libération,lundi 06 mars 2006

 
Harkis : l’appel du 4 mars 2006

Le texte de l’appel signé par les associations organisatrices du colloque « 1956-2006/ 50 ans, les harkis dans l’histoire de la colonisation et ses suites » [8].

 
à Paris, les harkis manifestent pour retrouver une dignité bafouée

Dans combien de générations seront-ils considérés comme des citoyens ordinaires, et non comme des (descendants de) harkis ?

 
l’amère fatigue des harkis

Les propos insultants de Georges Frêche lui valent une mise en examen. Dans la communauté visée, les fils ont été secoués, choqués même. Les pères ne disent rien, murés dans une rancoeur qui les tue.

Par Benoît Hopquin et Michel Samson [Le Monde daté du 7 juin 2006].

 
« nos mères, paroles blessées », de Fatima Besnaci-Lancou

Dans son nouvel ouvrage [9], Fatima Besnaci-Lancou a regroupé des témoignages de femmes de harkis de la première génération, celles qui sont arrivées en France en 1962 avec leurs maris...

A la suite d’un article de présentation, vous pourrez lire ci-dessous un extrait de “ Nos mères ” : le récit de Zohra, toujours hantée par le souvenir de l’OAS.

 
harkis, commémoration en trompe-l’oeil, par Fatima Besnaci-Lancou

Avec son hommage à moindre frais, la République se dispense de reconnaître les préjudices subis par ces hommes.

Tribune de Fatima Besnaci-Lancou
 [10], présidente de l’association Harkis et droits de l’homme, publiée dans Libération, le 25 septembre 2006.

 
“aux citoyennes de l’exil”, par Mohammed Harbi

L’historien Mohammed Harbi, ancien dirigent du FLN, a lu « Nos mères paroles blessées » de Fatima Besnaci-Lancou.

Recueillant les récits de femmes de harkis, Fatima Besnaci-Lancou nous rappelle que l’Histoire recouvre des histoires pleines de larmes et de sang.

 
Harkis, l’histoire d’un déni, par Dalila Kerchouche

Le film « Indigènes » a fait bouger les choses ; en ira-t-il de même avec les anciens supplétifs de l’armée française, qui ont été si cruellement maltraités ?

Un article de Dalila Kerchouche [11] publié dans Le Monde du 7 octobre 2006.

 
« treize chibanis harkis »

Dans cet ouvrage, Fatima Besnaci-Lancou présente treize vies blessées de harkis. Ils furent reçus avec leurs familles par la France avec mépris et indifférence. On n’a jamais cessé de mentir à ces déracinés, leur affirmant qu’ils étaient français quand on avait besoin d’eux, avant de leur signifier qu’on ne les considérait pas comme tels quand on n’avait que faire d’eux en France. Ils ne réclament aucune réparation matérielle ; comme Ali, dont vous lirez le témoignage ci-dessous, ils demandent simplement qu’au moins leurs enfants connaissent un jour la vérité [12].

 
la guerre révolutionnaire et la tragédie des harkis, par Pierre Vidal-Naquet

Un texte signé « Pierre Vidal-Naquet, secrétaire du comité Maurice Audin » publié dans Le Monde du 11-12 novembre 1962.

 
en appel, le parquet demande confirmation de la condamnation de Georges Frêche pour ses propos envers des harkis

Le président ex-socialiste de la région Languedoc-Roussillon — exclu du PS le 26 janvier 2007 pour ses propos sur la composition ethnique de l’équipe de France de football — avait fait appel de sa condamnation en première instance à une amende de 15 000 € — prononcée le 25 janvier 2007 — pour avoir traité de “sous-hommes” des représentants de harkis, le 11 février 2006.


[Première mise en ligne le 25 janv. 07, mise à jour le 23 juin 2007]
 
des harkis demeurés en Algérie réclament leurs droits

Le général Pascal Jardin, ancien directeur général de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONAC), s’indigne dans une lettre contre le refus de la France de reconnaître aux anciens supplétifs de l’armée française, restés malgré eux en Algérie après 1962, la qualité d’anciens combattants ainsi que les droits qui s’y rattachent [13].

 
Harkis : voix croisées pour une mémoire apaisée

Aujourd’hui, Fatima Besnaci-Lancou a champ libre à Roubaix : une exposition et deux week-end de rencontres et d’échanges avec différentes enfants de l’Algérie. [14]

Au-delà de la nécessaire reconnaissance dûe aux harkis, Fatima Besnaci-Lancou, co-fondatrice et présidente de l’Association Harkis et droits de l’Homme, veut ainsi contribuer par des actes à la réconciliation franco-algérienne.


[Première publication le 3 avril, mise à jour le 4 avril 2007]
 
les harkis et l’élection présidentielle

La campagne électorale est l’occasion pour les candidats à l’élection présidentielle de revenir sur le problème des harkis. Différentes déclarations, différentes promesses ont été faites. Cela nous a incités à rencontrer deux responsables de l’association Harkis et droits de l’Homme [15], pour faire le point, à quinze jours du premier tour de l’élection.

La section de Toulon de la Ligue des droits de l’Homme a donc rencontré Fatima Besnaci-Lancou, présidente, ainsi qu’Amar Assas, porte-parole de l’association, et leur a posé quelques questions.

Vous trouverez ensuite un communiqué du PS en date du 10 avril, un extrait d’un discours de François Bayrou, puis une présentation des intentions de Nicolas Sarkozy à la date du 31 mars.

[Première publication le 9 avril, mise à jour le 10 avril 2007]
 
« la France, en quittant le sol algérien, n’a pas su empêcher » le massacre de harkis

« Il était, il est du devoir le plus élémentaire » du gouvernement français « de protéger les hommes qu’il a engagés » écrivait Pierre Vidal-Naquet en novembre 1962. « Il semble bien que ce n’est pas par hasard si les harkis sont si peu nombreux à s’être réfugiés en France, poursuivait-il, des ordres ont été donnés pour éviter un afflux massif que l’économie française est pourtant en état de supporter ; en Algérie même, la protection des harkis semble laissée à l’initiative individuelle. Il y a là la continuation de la vieille attitude raciste et coloniale. » [16]

 
consternation des harkis après la relaxe de Frêche en appel

Le président de la région Languedoc-Roussillon avait été condamné pour avoir traité, en février 2006, des harkis de “sous-hommes” (voir notre article), mais il vient d’être relaxé en appel.

En effet, la Cour d’appel, présidée par Claude Arrighi, a reconnu que « les expressions “vous n’avez rien. Vous êtes des sous-hommes” qui nient même l’appartenance à la nature humaine et renvoient aux expressions utilisées par les doctrines raciales nazies » peuvent être qualifiées d’injures, et qu’elles « s’adressent bien à l’ensemble de la communauté harkie et non aux seuls harkis qui ont participé à la réunion de Palavas. » Mais au terme d’une analyse juridique de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, le tribunal a relaxé Georges Frêche.

Comme en témoigne la déclaration de l’association Harkis et droits de l’Homme, ce jugement a semé la consternation au sein de la communauté harkie. De son côté, la Ligue des droits de l’Homme a décidé de porter l’affaire en cassation.

[Première publication le 13 sept. 07, modifiée et complétée le 17 sept. 07]
 
Fatima Besnaci-Lancou et Abdelkader Chebaiki : colère et consternation des harkis

Toujours dans l’attente de la reconnaissance officielle de la responsabilité de la France dans l’abandon et le massacre de harkis, les deux présidents d’associations de harkis demandent quel est le sens de l’hommage national du 25 septembre alors même que le président de la région Languedoc-Roussillon, Georges Frêche, poursuivi en justice pour avoir traité des harkis de « sous-hommes », vient d’être relaxé en appel. Et pourquoi le parquet ne s’est-il pas pourvu en cassation ? cela résulte-t-il d’un
choix au plus haut niveau de l’Etat ?

Une réponse au discours prononcé par François Fillon lors de l’hommage solennel, le 25 septembre 2007 — vous pourrez en prendre connaissance ci-dessous.

 
harkis : le président a oublié la promesse du candidat

A son retour d’Algérie, le 5 décembre 2007, le président Sarkozy a reçu 150 représentants d’anciens combattants d’Afrique du Nord, de rapatriés et de harkis.

Il a rendu hommage à leur douleur et les a invités à tourner la page en nouant des relations nouvelles avec l’Algérie. Il a évoqué le sort des harkis qui ont cru en la parole de la France mais qu’elle a mal reçus, et les réparations qu’elle leur doit, ainsi qu’à leurs
enfants. La demande pour les harkis et leur famille de la liberté d’aller en Algérie qu’il a formulée au président Bouteflika a été aussi évoquée.

Mais le candidat Sarkozy avait promis, le 31 mars dernier, en recevant une centaine de représentants de harkis : « Si je suis élu président de la République, je veux reconnaître officiellement la responsabilité de la France dans l’abandon et le massacre de harkis ». De cette reconnaissance officielle, il n’a pas été question dans l’allocution prononcée par le président.

 
Torremila, nouveau centre de rétention administrative de Perpignan

Jusqu’à mi-décembre 2007, le centre de rétention administrative (CRA) des Pyrénées-Orientales se trouvait à Rivesaltes. Il avait été construit en 1984 à l’intérieur du sinistre camp Joffre où ont été internés, de 1939 à 1942, des Républicains espagnols, des Tsiganes et des juifs de toute nationalité, avant de devenir un centre d’hébergement particulièrement rude pour les harkis de 1962 à 1964. Aujourd’hui, trois stèles honorent les Républicains espagnols, les juifs et les harkis qui sont passés dans ce camp, et une quatrième est prévue pour rappeler le souvenir des Tsiganes. Prochainement, un mémorial y sera construit.

Le CRA se trouve maintenant dans le voisinage immédiat de l’aéroport de Perpignan. Indépendamment des plus grandes facilités de transport, les autorités ont sans doute tenu à éviter les rapprochements avec un passé qui n’est pas très loin de nous. D’autant que le recours croissant à la chasse aux “étrangers sans-papiers” est de plus en plus contesté, comme en témoigne l’organisation de manifestations en Europe le 19 janvier 2008.

[Première mise en ligne le 9 janv. 2008, complétée le 26 janv. 2008]
 
à l’horizon d’une vie pleine de malheur et d’amertume ...

Le 17 décembre 2007, Madame O. de la wilaya de Tizi-Ouzou a adressé la lettre suivante à la section de Toulon de la LDH.

 
les harkis dans la colonisation et ses suites

Fatima Besnaci-Lancou et Gilles Manceron publient « Les Harkis dans la colonisation et ses suites », avec une préface de Jean Lacouture [17].

Ci-dessous une présentation du livre, suivie d’extraits de la préface, puis d’un article que l’historien Jean-Charles Jauffret a consacré à cet ouvrage.

[Mise en ligne le 2 février 2008, mise à jour le 25 septembre 2009]


 
les mémoires de Rivesaltes

« On sait qu’il s’est passé des choses ici, mais les questions restaient sans réponses il y a encore quelques années. C’est un passé qu’on n’aime pas trop évoquer. » Plus de quatre-vingt mille personnes ont été internées au camp de Rivesaltes, beaucoup y sont mortes de froid et de faim. « La plupart n’étaient pas retenues pour ce qu’elles avaient fait, mais en vertu du danger potentiel qu’elles représentaient pour la société, aux yeux de l’Etat. »

 
dialogue décolonisé : Fatima Besnaci-Lancou et Maïssa Bey

Livres. Regards croisés sur le passé algérien.

L’ouvrage de Fatima Besnaci-Lancou a déjà été présenté : les harkis dans la colonisation et ses suites.

 
nouvelles approches sur l’histoire des harkis dans la colonisation et ses suites

L’association Harkis et droits de l’Homme (AHDH) a organisé à Paris du 10 au 31 octobre un ensemble de rencontres destinées à débattre des idées reçues concernant l’histoire franco-algérienne en général et plus particulièrement celle des anciens harkis et de leurs descendants.

Les objectifs de « Français et Algériens : art, mémoires et histoire » étaient de susciter une réflexion sur les multiples facettes de cette histoire, sur les perceptions de chacun ; porter un regard critique sur l’histoire officielle, de l’Algérie comme de la France ; partager la connaissance transmise par des scientifiques, historiens, sociologues, ethnologues, anthropologues, didacticiens, psychiatres, psychologues ; identifier les enjeux permettant de s’approprier des lectures communes du passé pour mieux construire un avenir commun.

Dans le cadre de cet évènement ont eu lieu à l’Hôtel de Ville de Paris un colloque international et une journée d’étude destinée aux enseignants.
A la suite de leurs programmes, nous reprenons l’article d’El Watan qui rend compte de ces rencontres.

 
inauguration d’une stèle en mémoire de tous ceux qui ont été “retenus” au CRA de Rivesaltes

Depuis un an, le centre de rétention administrative (CRA) de Rivesaltes est fermé et remplacé par un nouvel établissement situé à Torremila, dans le voisinage immédiat de l’aéroport.

Au cours de ses 22 années de fonctionnement le CRA de Rivesaltes a vu passer des « milliers d’hommes et de femmes dont le seul tort était d’être étrangers ». C’est en leur mémoire qu’a été inaugurée à Rivesaltes le 13 décembre 2008 une stèle que la CIMADE avait fait ériger avec l’accord du conseil général. En mémoire de tous ceux qui, après avoir quitté leur pays d’origine, la misère et les violences, y ont été « retenus » dans l’attente de l’avion ou du bateau qui devait les ramener « chez eux » – voyez des témoignages sur la rétention à Perpignan.

Mise en cause par le responsable UMP du département, puis par la préfecture des Pyrénées-orientales, la CIMADE devait fermement répliquer par la voix de son délégué en Languedoc-Roussillon : « nous ne pouvons pas laisser dire par le préfet que nous insultons la République, la vérité et l’histoire ».

 
la rétention administrative à Perpignan : témoignages

Le 13 décembre dernier, la CIMADE a inauguré à Rivesaltes une stèle en mémoire des milliers d’hommes et de femmes qui y ont été “retenus” de janvier 1995 à décembre 2007 au motif qu’ils étaient étrangers.

A cette occasion, plusieurs intervenants ont choisi de témoigner.

 
la cour de cassation confirme la relaxe de Georges Frêche pour ses propos sur les harkis

La cour de cassation a confirmé, le 31 mars 2009, la décision de la cour d’appel. Dans le commentaire de cette décision qu’il publie sur Mediapart [18], Me Sylvain Manyach commence par rappeler que la cour de cassation considère que les harkis forment bien un groupe qui s’est constitué au moment de la guerre d’Algérie. Mais, ce groupe ne s’étant pas constitué « à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée », les propos de Georges Frêche ne tombent pas sous le coup de la loi du 26 juillet 1881 sur la liberté de la presse. En revanche, les membres de ce groupe sont trop nombreux pour que les propos tenus à l’égard de certains d’entre eux « portent atteinte à l’honneur ou à la réputation de l’ensemble des harkis. »

Il est douteux que ces considérations puissent apaiser les harkis qui ressentent la décision de la cour de cassation comme une injustice grave, ainsi qu’en témoigne le dossier publié le 1er avril 2009 dans le Midi Libre, que nous reprenons ci-dessous.

D’autant plus que Georges Frêche, sans un mot pour évoquer la douleur de ceux qui avaient pu être blessés par la violence de ses propos, en a profité pour s’attribuer le rôle de la victime. Faisant mine d’oublier que, s’il avait été exclu du parti socialiste en janvier 2007, c’est en raison d’une autre affaire – il avait déploré, devant le conseil de l’agglomération de Montpellier, que l’équipe de France de football compte « neuf blacks sur onze » alors que, selon lui, « la normalité serait qu’il y en ait trois ou quatre » – celui qui est toujours président de la région Languedoc-Roussillon est revenu sur ses conflits avec différents responsables du PS.

 
personne n’a présenté d’excuses aux harkis pour les propos tenus par G. F.

Alors que Georges Frêche et certains médias voudraient nous faire croire que la justice a “absous” le président de région, il n’est pas inutile de revenir en détail sur les décisions concernant l’affaire des “sous-hommes”. Car la relaxe de la cour d’appel de Montpellier le 13 septembre 2007, confirmée par la cour de cassation le 31 mars 2009, tient à un point juridique de pure forme.

Sur le fond, la “justice de la République” n’a pas été tendre envers les propos tenus par l’élu.
Mais il semble que seul L’Hérault du jour ait expliqué dans un article du 2 avril comment le président de la région a pu bénéficier d’une relaxe.

Le site internet Montpellier journal revient sur cette question, en publiant notamment l’intégralité des décisions de justice :

 
Hubert Falco annonce des mesures en faveur des harkis

Dans l’allocution qu’il a prononcée le 25 septembre 2009, devant leurs associations réunies aux Invalides à l’occasion de la Journée nationale d’hommage aux Harkis, le secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens combattants a annoncé la prolongation et le renforcement du plan emploi en faveur des enfants de Harkis jusqu’à fin 2010, ainsi que l’attribution de l’allocation de reconnaissance (20.000 euros) à une petite centaine de nouveaux bénéficiaires

Outre la décision de créer une Fondation sur la guerre d’Algérie, Hubert Falco a annoncé une modification de la loi du 23 février 2005 “portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés” de façon à permettre aux tribunaux de « condamner la diffamation et l’injure envers les Harkis, de la même manière que sont sanctionnés dans notre pays les propos à caractère raciste ».

Nous reprenons ci-dessous la partie de l’allocution d’Hubert Falco consacrée aux Harkis [19], suivie de quelques réactions et de la tribune d’Alexandre Gerbi intitulée « De Hortefeux aux Harkis ».

 
“massacre des harkis ou massacres de harkis ? qu’en sait-on ?” par Sylvie Thénault

L’ouvrage Les Harkis dans la colonisation et ses suites dirigé par Fatima Besnaci-Lancou et Gilles Manceron, est issu d’une série de rencontres qui ont débouché sur un important colloque, le 4 mars 2006, à l’Assemblée nationale, intitulé 1956-2006, cinquante ans, les harkis dans l’histoire de la colonisation et de ses suites. Sur l’abandon et le massacre des harkis, l’historienne Sylvie Thénault y a apporté une contribution que nous reprenons ici [*].

Tout au long d’une enquête historiographique approfondie, l’historienne aborde de nombreux aspects du problème. La grande diversité des situations locales la conduit notamment à penser préférable de parler « des massacres de harkis » plutôt que « du massacre des harkis », et à conclure à l’impossibilité d’une évaluation précise du nombre de victimes. Sans esquiver la complexité du problème, elle met en évidence les responsabilités des différents acteurs de la guerre d’Algérie.

Sylvie Thénault, chargée de recherche au Centre d’histoire sociale du XXe siècle (CHS-CNRS), est une spécialiste reconnue de la guerre d’indépendance algérienne. Elle a notamment publié Une drôle de justice. Les magistrats dans la guerre d’Algérie, éd. La Découverte, 2001 – réédité en poche, collection « Sciences humaines », 2004 –, et Histoire de la guerre d’indépendance algérienne, Flammarion, 2005. Elle a été la coordonnatrice du n° 92, oct-déc 2008, de la revue de la BDIC, Matériaux pour l’histoire de notre temps, consacré à « l’internement en France pendant la guerre d’indépendance algérienne ».

 
pour Mohammed Harbi, il n’est pas pertinent de rapprocher la situation des harkis de celle des “collaborateurs” des années 40

L’ouvrage Les Harkis dans la colonisation et ses suites dirigé par Fatima Besnaci-Lancou et Gilles Manceron, est issu d’une série de rencontres qui ont débouché sur un important colloque, le 4 mars 2006, à l’Assemblée nationale, intitulé 1956-2006, cinquante ans, les harkis dans l’histoire de la colonisation et de ses suites.

Dans sa contribution, reprise ci-dessous, l’historien Mohammed Harbi [20] rappelle le contexte de la guerre d’Algérie – les regroupements des populations des campagnes dans des camps, le recrutement des supplétifs, ... – et explique pourquoi le rapprochement de la situation des « harkis » de celle des « collaborateurs » de l’occupation de la France entre 1940 et 1944, ne lui semble pas pertinent...

 
harkis, un abandon que la France doit reconnaître

Les anciens harkis et leurs enfants refusent d’être enrôlés pour une Fondation qui serait vouée à la « colonisation positive », plaident Fatima Besnaci-Lancou, présidente de l’association Harkis et droits de l’Homme et Gilles Manceron, historien et vice-président de la Ligue des droits de l’Homme.

 
au catalogue des engagements non tenus : la promesse faite aux harkis

Le 31 mars 2007, Nicolas Sarkozy reçoit une délégation d’une centaine de harkis à son centre de campagne. Il leur déclare :

Depuis lors, Nicolas Sarkozy, toujours empressé de répéter qu’il tenait ses engagements de campagne, n’a pas trouvé le temps de respecter cette promesse.

[Page publiée le 27 décembre 2009]



Mise à jour – La lettre ouverte de Jean-Pierre Dubois adressée à Nicolas Sarkozy le 6 avril 2010 a été ajoutée le 9 avril 2010.

 
 62 enfants de harkis racontent

Le livre Des vies – 62 enfants de harkis racontent, écrit sous la direction de Fatima Besnaci-Lancou, vient de paraitre. Il est préfacé par Boris Cyrulnik, et a reçu la participation de Jean-Jacques Jordi, Gilles Manceron, Abderahmen Moumen et Yann Scioldo-Zurcher [21].

Fatima Besnaci-Lancou est présidente de l’association Harkis et droits de l’Homme. Elle est l’auteure de plusieurs ouvrages dont Fille de harkis (Éditions de l’Atelier, 2003) et Les harkis dans la décolonisation et ses suites (en collaboration avec Gilles Manceron aux Éditions de l’Atelier, 2008).

 
“les Harkis, histoire, mémoire et transmission”, par Fatima Besnaci-Lancou, Benoît Falaize et Gilles Manceron

La guerre d’Algérie devient un objet d’histoire abordé à l’école primaire, au collège et au lycée. Mais la question de la place des harkis, ces supplétifs enrôlés aux côtés de l’armée française, est souvent laissée dans l’ombre en raison des passions qu’elle suscite et des clichés qui perdurent. Grâce aux repères rigoureux proposés au fil des pages, cet ouvrage aidera notamment les enseignants à aborder cette question dans leurs cours.

La première partie examine l’état des connaissances historiques sur le sujet en répondant à quatre questions décisives : À quel objectif répondait le recrutement des harkis ? Comment explique-t-on cet engagement ? Dans quelle mesure peut-on dire que l’État français les a abandonnés ? Que sait-on de l’ampleur des massacres à l’indépendance de l’Algérie ?
Les seconde et troisième parties du livre traitent respectivement de la gestion de la mémoire (lieux, littérature, cinéma…) et de la façon dont l’Éducation nationale aborde la question des harkis dans les programmes, les manuels et les pratiques scolaires en France et en Algérie.

Nous reprenons ci-dessous la préface de cet ouvrage par l’historien Philippe Joutard, suivie d’un extrait de l’introduction et de la table des matières.

 
Salah Salmi oublié en 1962, refusé en 2010, régularisé en 2011

Salah Salmi, un ancien harki âgé aujourd’hui de 72 ans, avait pu obtenir un visa en 2000 pour rejoindre la France. En 2004, il est incarcéré pour un viol dont il a été innocenté depuis. Après dix-huit mois de détention provisoire, il s’est trouvé privé de titre de séjour pour n’avoir pas effectué en temps voulu auprès de la préfecture du Var les formalités permettant la reconduction de son titre – il était alors en prison.
En 2010, la cour administrative d’appel de Marseille avait rejeté sa demande...

La préfecture du Var vient enfin de le régulariser et il va être indemnisé pour l’incarcération injustifiée qu’il a subie.

[Mis en ligne le 8 octobre 2010, mis à jour le 25 mars 2011]


 
l’arrivée des harkis en France : camps, hameaux de forestage et cités de transit

Le terme « harkis », au sens strict, désigne les membres d’une harka, l’une des formes d’unités supplétives de l’armée française en Algérie. Mais, progressivement, le terme s’est étendu à l’ensemble des « Français musulmans d’Algérie » engagés dans ou au côté de l’armée française. Au total, fin 1960, on comptait 60 000 « Français de souche nord-africaine » – selon la dénomination de l’époque – dans les forces régulières et supplétives, dont 20 000 harkis.

Les harkis et leurs familles qui ont fui l’Algérie pour la France en 1962 vont y être successivement catégorisés comme « Français musulmans rapatriés » à partir de juin 1962, puis comme « Français rapatriés de confession islamique », enfin comme « Rapatrié d’origine nord-africaine » dans les années 1980. Ce prisme de l’origine, omniprésent et durable, et qui n’est pas sans rappeler un des ressorts de la discrimination coloniale, marginalise doublement les harkis – ni rapatriés comme les autres, ni Français comme les autres.

En matière de logement, une note relative à « l’attribution des logements HLM aux anciens harkis », en date du 31 janvier 1964, émanant du ministre des Rapatriés, à l’attention des préfets, rend clairement compte de cette logique. Elle rappelle certes que « les anciens harkis sont considérés comme rapatriés et bénéficiaires, à ce titre, de la loi du 26 décembre 1961 ». Mais elle donne aux préfets la directive de ne « reloger les anciens harkis qu’après avoir relogé tous les rapatriés demandeurs de logement et particulièrement mal-logés. » Dans les faits, les harkis et leurs familles sont majoritairement logés en camps de transit puis en « cités d’accueil », lesquels perdurent jusqu’au milieu des années 1970 [22].

Des informations sur ces camps et hameaux de forestage qui, les années passant, deviennent des lieux de mémoire, sont regroupés sur le site Harkis et droit de l’Homme : http://www.harki.net/article.php?ru...

 
El Watan présente “les harkis, histoire, mémoire et transmission”

A l’occasion de la parution de l’ouvrage Les harkis, histoire, mémoire et transmission, le quotidien algérien de langue française El Watan publie dans son édition du 20 décembre 2010 un dossier de Walid Mebarek consacré aux harkis.

On ne peut que se féliciter de cette initiative qui contribuera à combattre les préjugés qui, de part et d’autre de la Méditerranée, « déforment et instrumentalisent le passé ».

 
“lieux d’internement, lieux de mémoire”, colloque à Paris, le 8 juin 2011

Le 12 novembre 1938, sous la Troisième République, un décret permit l’internement des « étrangers indésirables » dans des « centres spécialisés ». Contrairement à la procédure « juridico-policière » traditionnelle, l’internement administratif vise des personnes non pour ce qu’elles ont fait (ou sont présumées avoir fait) mais pour le danger potentiel qu’elles représentent aux yeux de l’Etat du seul fait de leur présence sur le sol français. En 1938, elle vise principalement les réfugiés espagnols... suivent les juifs, les tziganes, les indochinois, les harkis… « Ces centres spécialisés » ne sont rien d’autre que des camps.

Colloque : “Lieux d’internement, lieux de mémoire”, mercredi 8 juin 2011 de 9h15 à 18h00 à l’Auditorium de l’Hôtel de Ville, 5,rue Lobau, 75004 Paris (Métro : Hôtel-de-Ville).

 
pour la reconnaissance officielle de la responsabilité de la France dans l’abandon et le massacre des harkis

Lettre ouverte adressée au Président de la République.
À la veille de la journée officielle d’hommage aux harkis du 25 septembre 2011, la Ligue des droits de l’Homme s’adresse à Nicolas Sarkozy pour la reconnaissance officielle de la France dans le comportement qu’elle a eu envers les harkis durant la guerre d’Algérie et au lendemain de l’indépendance de ce pays.

 
les Harkis attendent une reconnaissance et non des médailles

Le 25 septembre 2001, le président Jacques Chirac a institué le 25 septembre de chaque année comme journée nationale d’hommage aux harkis. À la veille du dixième anniversaire de cette décision, il semble malheureusement que le président Nicolas Sarkozy n’ait toujours pas l’intention d’honorer sa promesse du 31 mars 2007 de « reconnaître officiellement la responsabilité de la France dans l’abandon et le massacre de harkis ».

Après la Ligue des droits de l’Homme, l’association Harkis et droits de l’Homme demande solennellement au président de la République de respecter son engagement.

 
les harkis : ni rapatriés comme les autres, ni français comme les autres

Le terme harki est utilisé de nos jours pour désigner l’ensemble des
« Français musulmans d’Algérie » qui ont été engagés dans ou au côté de l’armée française. La terminologie utilisée par l’administration pour les désigner a varié dans le temps : Français musulmans rapatriés (FMR) à partir de 1962, puis Français rapatriés de confession islamique (FRCI) en 1970 et enfin Rapatriés d’origine nord africaine (RONA) dans les années 1980. Pour les autorités françaises, ce n’étaient ni des rapatriés comme les autres, ni des Français comme les autres.

Cette logique de « catégorisation » traduisait une gestion discriminatoire de leur prise en charge : à leur arrivée en France ils ont été d’abord logés dans des camps de transit, puis relogés par la SONACOTRA qui était pourtant chargée des travailleurs migrants étrangers. Pour les HLM, ils n’étaient pas prioritaires, une directive (circulaire Missoffe de 1964) ayant précisé qu’ils ne pouvaient y accéder qu’après les « Rapatriés français de souche européenne ».

Dans l’intervention que nous reprenons ci-dessous, Laure Pitti [*]. revient sur les modes d’administration discriminants qu’ont rencontrés les harkis en France.

 
“la République face aux harkis : questions aux historiens”, par Todd Shepard


« Avant que ne s’annoncent les manifestations commémorant le cinquantième anniversaire de l’indépendance de l’Algérie (et la fin de l’empire français !), Claude Lanzmann a eu la très opportune idée de consacrer un numéro entier des Temps modernes aux harkis. Nous avons tous ou presque la conscience coupable lorsqu’il s’agit de notre indifférence devant le sort épouvantable réservé aux combattants algériens qui s’étaient rangés aux cotés de la France. Les harkis n’étaient ni des traitres ni des collaborateurs. Les Français et les Algériens sont également coupables du drame qu’ils ont vécu. Ce numéro, Harkis 1962-2012 : Les mythes et les faits, est parfaitement composé. »

Jean Daniel [*]



Le numéro 666, novembre–décembre 2011, de la revue Les Temps Modernes, réalisé sous la direction de Fatima Besnaci-Lancou, est consacré aux harkis. Vous trouverez ci-dessous la liste des personnes qui ont contribué à ce numéro exceptionnel, dont nous reprenons, avec l’autorisation de l’auteur et de l’éditeur, la contribution de l’historien Todd Shepard, professeur d’histoire à l’université Johns Hopkins (Baltimore), spécialiste de la France et son empire colonial au vingtième siècle.

 
Nicolas Sarkozy aux Harkis : “maintenant, pardonnez !”

Lors de sa campagne électorale de 2007, M. Sarkozy avait promis, s’il était élu, de reconnaître « officiellement la responsabilité de la France dans l’abandon et le massacre des harkis » – un engagement que leurs associations lui reprochent de ne pas avoir encore tenu. Depuis plusieurs années, la Ligue des droits de l’Homme appuie cette revendication, et demande également que notre pays reconnaisse qu’il a mené une « politique discriminatoire vis-à-vis de ceux qui ont pu néanmoins gagner la France avec leur famille et qui ont été parqués dans des camps dans des conditions indignes. »

Nicolas Sarkozy a consacré une partie de la journée de vendredi 9 mars aux électeurs pied-noirs ou harkis dont il a rencontré à Nice un panel de représentants soigneusement sélectionnés. « Les autorités françaises ne se sont pas bien comportées à l’endroit de ceux qu’elles auraient dû protéger », a-t-il déclaré à l’intention des Harkis, sans préciser s’il s’exprimait en tant que candidat ou comme président. Il a poursuivi : «  la République doit reconnaître qu’il y a eu une forme d’injustice, d’abandon ; c’est fait... », avant de leur intimer : « maintenant, pardonnez, parce que la République a besoin de vous ».

De telles déclarations ne répondent pas à l’attente de l’association Harkis et droits de l’Homme, et on peut douter qu’elles permettent de tourner la “page noire” évoquée par Tzvetan Todorov.

 
les deux principaux candidats à l’élection présidentielle et la reconnaissance du drame des harkis

Dans une lettre aux associations de harkis en date du 5 avril 2012, François Hollande s’est engagé « à reconnaître publiquement les responsabilités des gouvernements français dans l’abandon des harkis, le massacre de ceux restés en Algérie et les conditions d’accueil des familles transférées dans des camps en France ».

Quelques jours plus tard, à Perpignan, Nicolas Sarkozy s’est contenté de reconnaître la « responsabilité »" de la France dans « l’abandon » des harkis [23]. Un certain nombre d’associations de harkis n’ont pas caché leur déception devant cette reconnaissance qu’ils jugent « incomplète et relative ». Fatima Besnaci-Lancou, présidente de l’association Harkis et droits de l’Homme, évoque de son côté le « caractère purement électoraliste du discours de Perpignan ».

 
 12 mai 1962 - 12 mai 2012 : commémoration du drame des harkis

Chaque année, les harkis d’Ile-de-France commémorent le 12 mai 1962, date symbolique du commencement du drame de ces victimes du colonialisme. Ce jour là en effet, le premier acte officiel était édicté par le ministre des armées, Pierre Messmer : l’abandon les harkis sur le sol algérien.

A l’occasion du cinquantième anniversaire du début de cette tragédie, les harkis d’Ile-de-France appellent toutes les associations de harkis qui le souhaitent, à commémorer le 12 mai 1962.
Cinquante ans aprés, le temps est venu pour que les harkis et leurs enfants s’approprient pleinement leur histoire.

A Paris, la cérémonie de commémoration aura lieu le 12 mai 2012 en fin d’aprés midi devant le mémorial situé dans le Parc de la Butte au Chapeau rouge dans le XIXème arrondissement de Paris, en partenariat avec l’association Harkis et droits de l’Homme.

Ci-dessous : la note de service du 12 mai 1962 (extrait), suivie d’une interview de Pierre Messmer publiée le 25 septembre 2001.

[Mise en ligne le 8 mai 2012, mise à jour le 9]


 
pour la fin d’une injustice frappant les anciens harkis

Dans une interview au JDD [24], Kader Arif, ministre délégué aux anciens combattants, évoquant les relations entre la France et l’Algérie, juge « inacceptable [...] que nos compatriotes harkis ne puissent pas se rendre dans le pays de leurs ancêtres ou, pour ceux qui le souhaitent, y être enterrés. » Il salue toutefois « une volonté d’ouverture » à ce sujet de la part de « nos amis algériens »

Cinquante ans après la fin de la guerre d’indépendance, il serait temps de permettre aux anciens harkis de retrouver leur pays d’origine et leurs familles.

Pour tenter de faire avancer les choses dans ce domaine, nous nous joignons à l’association Harkis et droits de l’Homme pour suggérer à Kader Arfi d’emmener avec lui Brahim Sadouni qui n’a pu revoir son village natal depuis près de cinquante ans. Une action symbolique qui pourrait marquer la fin d’une période douloureuse.

[Mis en ligne le 23 octobre 2012, mis à jour le 2 novembre]


 
 12 mai 2013 : journée de l’abandon des harkis

Un collectif d’associations de familles d’anciens harkis appelle à un rassemblement le 12 mai 2013 à 10h, devant le Palais de Justice de Paris. Ce jour-là, baptisé Journée de l’abandon des harkis, elles demanderont au président de la République de tenir son engagement du 5 avril 2012 en reconnaissant la responsabilité des gouvernements français dans l’abandon de certains d’entre eux en Algérie, où on les savait menacés, ainsi que dans la relégation dans des camps de ceux qui avaient pu gagner la France.

Vous trouverez ci-dessous quelques éléments d’information, à la suite de deux communiqués de soutien : des directives ministérielles de mai 1962 concernant les harkis, la fin du camp de Saint-Maurice-l’Ardoise, l’engagement du candidat François Hollande, ainsi que le message lu par Kader Arif le 25 septembre 2012.

[Mis en ligne le 20 février 2013, mis à jour le 6 mai]


 
harkis : François Hollande doit respecter son engagement

A la veille du 25 septembre 2014 et de la journée d’hommage aux harkis présidée à Paris par Manuel Valls, trois associations de défense des droits de l’Homme demandent à François Hollande de respecter son engagement du 5 avril 2012.

Ces actions font suite à une sollicitation de l’Association Harkis et droits de l’Homme qui demande au Président de la République de respecter son engagement de «  reconnaître publiquement les responsabilités des gouvernements français dans l’abandon des harkis, le massacre de ceux restés en Algérie et les conditions d’accueil des familles transférées dans des camps en France ».

Vous trouverez ci-dessous la lettre adressée à François Hollande par la Ligue des droits de l’Homme.

 
Pierre Daum : “la majorité des harkis n’a pas quitté l’Algérie”

Il était jusqu’à présent généralement admis qu’en 1962, les harkis, ces Algériens intégrés à l’armée française pendant la guerre d’indépendance, avaient ou bien réussi à s’enfuir en France ou bien été “massacrés”. La réalité est très différente : la plupart d’entre eux n’ont pas été tués et vivent en Algérie depuis un demi-siècle. C’est ce qu’affirme Pierre Daum dans sa nouvelle enquête, qui paraît chez Actes Sud le 2 avril prochain.

Voici un livre qui bouscule nombre d’idées reçues, sur chacune des deux rives de la Méditerranée. Pendant deux ans et demi, Pierre Daum a sillonné l’Algérie afin de retrouver des témoins qui acceptent de parler de cette histoire occultée. La soixantaine de témoignages que l’auteur a recueillis – auprès d’anciens supplétifs, mais aussi d’anciens soldats de l’armée régulière, et d’anciens civils “pro-français” – infirme plusieurs idées reçues en Algérie comme en France au sujet de ces hommes qui se trouvaient du côté français pendant la guerre d’’indépendance ; que ce soit leur nombre (qu’il évalue aux environs de 450 000), les motivations de leur engagement ou leur sort au moment de l’indépendance.

Précédés d’une longue introduction historique, ces récits de vie permettent de comprendre que l’histoire des “harkis” (supplétifs et autres) s’inscrit au cœur d’un système colonial qui opprima le peuple algérien pendant cent-trente-deux années. Aujourd’hui, un demi-siècle après la fin de l’occupation française de l’Algérie, ces hommes et leurs familles apparaissent comme les ultimes victimes d’un passé colonial dont les plaies ne sont toujours pas cicatrisées, ni en France, ni en Algérie.

Journaliste ancien correspondant de Libération en Autriche puis en Languedoc-Roussillon, Pierre Daum a publié aux éditions Actes Sud Immigrés de force (2009) sur les travailleurs indochinois en France pendant la seconde mondiale, et Ni valise ni cercueil. Les Pieds-noirs restés en Algérie après l’indépendance (2012).
Parallèlement à ses travaux de recherches sur le passé colonial de la France, il effectue régulièrement des grands reportages pour Le Monde diplomatique.

 
harkis : toujours trop de tabous, par Pierre Daum

Dans une tribune publiée dans Libération le 25 septembre 2015, Pierre Daum, écrivain et journaliste
 [25], aborde une nouvelle fois le problème des civils algériens utilisés comme supplétifs par l’armée française pendant la guerre d’Algérie. Le problème de ceux que l’on désigne en France par le terme de “harkis” est l’un des derniers blocages à l’apaisement entre Paris et Alger.
 [26]

A la suite, vous trouverez une réponse à la tribune de Pierre Daum que Fatima Besnaci-Lancou, co-fondatrice de l’association Harkis et droits de l’Homme, nous a adressée le 29 septembre en nous demandant de la mettre en ligne.

[Mis en ligne le 26 septembre 2015, mis à jour le 1er octobre]</div /
 
Pierre Daum à Toulon le 2 mars

Pour présenter son dernier livre : Le Dernier tabou.

[Mis en ligne le 23 février 2016, mis à jour le 25]


 
la France reconnaît la responsabilité de ses gouvernements dans l’abandon des harkis

François Hollande a reconnu, dimanche 25 septembre, «  les responsabilités des gouvernements français dans l’abandon des harkis, les massacres de ceux restés en Algérie et les conditions d’accueil inhumaines de ceux transférés en France ». Le chef de l’Etat prononçait une allocution dans la cour de l’Hôtel national des Invalides, dans le cadre de la journée nationale d’hommage aux harkis.

Evoquant une « vérité implacable » et « cruelle », M. Hollande a parlé
des « combattants qui furent privés de la protection de la France au lendemain de la guerre d’Algérie et dont l’abandon ne fut jamais pleinement reconnu par la République. » [27]

[Mis en ligne le 25 septembre 2016, mis à jour le 9 octobre 2016]


 
Que penser de la journée
d’« hommage aux harkis »
du 25 septembre 2018 ?

La journée d’hommage aux harkis, officielle depuis 2003, a été marquée par une cérémonie aux Invalides et l’attribution de la légion d’honneur à des supplétifs enrôlés par l’armée française dans la guerre d’Algérie. Mais deux choses ont peu été relevées : la visite, auparavant, de la secrétaire d’Etat à Bias, sur les lieux de l’un des camps d’enfermement de harkis après 1962 aux conditions les plus dures ; et la légion d’honneur attribuée à une historienne fille de harki, Fatima Besnaci-Lancou, arrivée très jeune en France et devenue auteure de travaux historiques importants sur cette guerre et ses suites.