Histoire et mémoire des anticolonialismes

publié le 3 janvier 2020
l’appel pour des assises de l’anti-colonialisme post-colonial

L’appel Nous sommes les indigènes de la République ... se conclut par l’évocation du 8 mai 1945, jour de la capitulation nazie, où une répression féroce sur les Algériens du Nord-Constantinois a fait des milliers de morts. Il appelle à une Marche des indigènes de la République, le 8 mai prochain.

Michel Tubiana explique ci-dessous pourquoi la LDH n’a pas signé ce texte.

 
ancienneté et limites de l’anticolonialisme en France, par Gilles Manceron

Les propos de Gilles Manceron [1] ont été recueillis par Yvon Le Gall.

L’essentiel de cet entretien a été publié dans le n° 3 (été 2005) de la revue trimestrielle Histoire & Patrimoine.

 
 1962-2012 : des chrétiens engagés se souviennent

1962-2012 : cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie
Des chrétiens engagés se souviennent…

Colloque organisé par « Les amis du 68 rue de Babylone »
Samedi 13 octobre 2012
Salle des expositions, mairie du II° arrondissement,
8 rue de la Banque, 75002 Paris (métro Bourse)

 
“Jean Jaurès, vers l’anti-colonialisme” par Gilles Manceron

De Jaurès, on a tendance à ne retenir que sa tentative d’empêcher jusqu’au bout le déclenchement de la Première Guerre mondiale. Sa pensée sur la question coloniale est mal connue, parfois réduite à une conférence prononcée à l’âge de 25 ans, où il ne fait que répéter la doctrine colonialiste de Jules Ferry, en vogue chez les républicains au gouvernement. Or, ce qui fait son originalité parmi les socialistes français de son temps, c’est qu’il n’a cessé d’évoluer vers des positions de plus en plus critiques envers les politiques coloniales. Ainsi soutient-il au Parlement, dès 1898, qu’il faut, en Algérie, accorder les droits politiques aux Arabes, comme on l’avait fait pour les Juifs.

Constitué et présenté par Gilles Manceron, historien spécialiste du colonialisme français, un recueil de discours et d’articles de Jean Jaurès, datés de 1884 à 1914, témoigne de ce parcours moral et politique. Un parcours qui, pas à pas, conduira le fondateur de L’Humanité vers un anticolonialisme de principe et l’adhésion à une conception réellement universaliste du monde [2].

 
« Décolonisations » sur Arte propose à chacun de s’approprier cette histoire

Arte diffuse le 7 janvier 2020 le documentaire Décolonisations. Le bouleversement mondial, réalisé par Karim Miské et Marc Ball, accompagnés dans l’écriture par l’historien Pierre Singaravélou. Il comprend trois volets : 1. L’apprentissage ; 2. La Libération ; 3. Le monde est à nous ; qui sont visibles en avant-première sur le site d’Arte et y resteront jusqu’au 5 mai 2020. Miské, Ball et Singaravélou ont expliqué au Point Afrique que leur film inverse le regard en choisissant de raconter, du point de vue des colonisés et à contre-courant de l’histoire officielle des colonisateurs, cent cinquante ans de combats contre la domination coloniale. Leurs propos ont été recueillis par Hassina Mechaï.

 
Algérie 1954-1965, le combat anticolonialiste de Daniel Guérin

Les Éditions Spartacus ont eu la bonne idée de rééditer, dans une version augmentée, le recueil de textes sur ses engagements aux côtés des nationalistes algériens que le grand militant anticolonialiste et historien Daniel Guérin (1904-1988) avait écrits à l’époque et qu’il avait réunis en 1979 sous le titre « Quand l’Algérie s’insurgeait, 1954-1962 ». Il s’agit là du témoignage majeur d’un « anticolonialiste indocile », exclusivement animé par les exigences de solidarité et de vérité.

 
Une journée d’hommage à Daniel Guérin, le 7 avril 2018

Les amies et amis, la famille, des organisations militantes et des éditeurs liés à Daniel Guérin se sont associés pour organiser, le 7 avril 2018 à Paris, au café « Le Lieu-Dit », une journée spéciale d’hommage à cette personnalité importante de l’anticolonialisme qu’a été Daniel Guérn (1904-1988), avec des débats, vente de livres, projection de films, présentation de projets éditoriaux et de recherches universitaires. Quatre thèmes : sexualité ; communisme libertaire ; Daniel Guérin historien ? ; décolonisation.

 
Mohand Saïd Lechani (1893-1985), un pédagogue anticolonialiste

Les écrits sur l’enseignement de Mohand Saïd Lechani, instituteur né en Kabylie en 1893, défenseur des méthodes pédagogiques de Célestin Freinet et en même temps militant anticolonialiste, viennent d’être publiés sous le titre « Du Bon usage de la pédagogie ». Il a mené un combat obstiné pour l’émancipation des Algériens par l’instruction et ne cessa, à travers d’âpres batailles à l’intérieur et hors des syndicats, et par l’intermédiaire de son journal « La voix des humbles », de combattre les discriminations scolaires dans l’Algérie coloniale. Son œuvre importante est à redécouvrir.

 
Claude Lanzmann, un engagement anticolonialiste et ses limites

Claude Lanzmann, né le 27 novembre 1925 et mort le 5 juillet 2018, restera comme le réalisateur du film fondamental, « Shoah », consacré à l’extermination des Juifs d’Europe par les nazis. Dès 1952, il a collaboré à la revue « Les Temps modernes » et s’est engagé en faveur de la lutte d’indépendance du peuple algérien. Il a signé le « Manifeste des 121 » en faveur du droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie et témoigné au « procès Jeanson ». En même temps, il était « viscéralement attaché » à l’Etat d’Israël, au point de ne pouvoir porter un regard critique sur ses pratiques coloniales.

 
Andrée Viénot,
une anticolonialiste, minoritaire
dans la France libre
comme à la LDH

Andrée Viénot (1901-1976), née Mayrisch, a partagé les engagements de son mari, Pierre Viénot, dans le Front populaire puis dans la France Libre, ainsi que son combat anticolonialiste qu’après la mort de celui-ci en 1944, elle a poursuivi fermement durant la guerre d’Algérie. C’est ce combat anticolonialiste résolu, bien que minoritaire dans la France Libre, et, d’une certaine façon, même au sein de la Ligue des droits de l’homme, qu’aborde le texte que nous publions ici. Il s’agit de l’intervention de Gilles Manceron au colloque qui s’est tenu le 8 octobre 2016 à Rocroi, dans les Ardennes, ville dont elle a été maire de 1953 à 1976.

 
Les artistes
face à la guerre d’Algérie

Le Centre culturel algérien, en partenariat avec l’association Art et mémoire au Maghreb, présente, du 21 septembre au 10 novembre 2018, une exposition qui commémore la parution en 1958 de « La Question » d’Henri Alleg et rend hommage aux anticolonialistes qui se sont battus pour l’indépendance de l’Algérie. Textes et œuvres de l’époque dialoguent avec des créations plus récentes qui font retour sur cette page obscure et occultée de l’Histoire. Une conférence organisée dans le cadre de cette exposition donne l’occasion à Nils Andersson, l’éditeur de « La Question » en Suisse après sa censure en France, d’apporter son témoignage.

 
En finir avec l’ignorance de l’engagement de Jaurès vers l’anticolonialisme

Quand on évoque la pensée de Jaurès sur la question coloniale, on cite immanquablement une conférence qu’il a donnée à l’âge de 24 ans reprenant les idées colonialistes de Jules Ferry. Or, il a évolué de 1898 à sa mort vers un anticolonialisme résolu. La propagande coloniale de la IIIe République l’a soigneusement occulté et les nostalgiques de la colonisation continuent à annexer Jaurès à leur discours. Les légendes à ce sujet sont encore reprises un peu partout au mépris des travaux historiques. Un travail de vérité est nécessaire.

 
Hommage à Guy Hennebelle, passeur du cinéma algérien

À l’occasion de la parution du dernier numéro de la revue CinémAction, « Chroniques de la naissance du cinéma algérien. Guy Hennebelle, un critique engagé », son éditeur Charles Corlet, l’École normale supérieure et le Maghreb des films ont choisi d’honorer les quarante ans de la revue par une rencontre qui se tiendra le samedi 15 décembre 2018 (de 14 h à 18 h 30) à l’ENS (salle Dussane, 45 rue d’Ulm 75005 Paris). Nous en présentons ici le programme, après une brève présentation du livre qui lui est consacré.

 
L’apport considérable du « Maitron » sur les engagements anticolonialistes

« Le Maitron », dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et social, propose désormais la quasi-intégralité de son contenu en ligne gratuitement. L’histoire coloniale y est très présente, du fait de l’engagement des militant.e.s qui y figurent, et aussi du dictionnaire « Algérie » comportant plus de 5 500 notices, dirigé par René Gallissot. Lors de la Journée Maitron qui s’est tenue, le 5 décembre 2018, à la Bourse du travail de Paris, Gilles Manceron a été invité à présenter le site 1000autres.org avec plus d’un millier de notices sur les victimes, comme Maurice Audin, de la grande répression d’Alger de 1957. Nous publions ici, à titre d’exemple, la notice sur Maurice Audin rédigée par René Gallissot.

 
Une belle exposition
sur Adolfo Kaminsky
…et quelques compléments sur son engagement anticolonialiste

Au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme, une exposition sur Adolfo Kaminsky a lieu jusqu’au 8 décembre 2019. Bel hommage à cette personnalité engagée dans la résistance au nazisme dans la France occupée, le soutien au FLN algérien au sein du réseau Jeanson de 1957 à 1962, puis l’aide aux mouvements anticolonialistes organisée par Henri Curiel jusqu’en 1971. Son œuvre de photographe y est reconnue, pas seulement son art à fabriquer de faux papiers pour les causes qu’il estimait justes. Mais son anticolonialisme et son lien fort, de 1953 à 1983, avec l’indépendance algérienne méritent quelques compléments.