Algérie : les affrontements des années 1990

publié le 30 septembre 2015
la sale guerre des généraux algériens des années 1990, par Marie-Monique Robin

Dans les années 1970 et 1980, les dictatures militaires du Cône sud de l’Amérique latine ont férocement réprimé leurs opposants, utilisant à une échelle sans précédent les techniques de la « guerre sale » : rafles indiscriminées, torture systématique, exécutions extrajudiciaires et « disparitions », escadrons de la mort... En enquêtant sur le fameux « Plan Condor », Marie-Monique Robin a découvert le rôle majeur joué secrètement par des militaires français dans la formation à ces méthodes de leurs homologues latino-américains (et en particulier argentins). Des méthodes expérimentées en Indochine, puis généralisées au cours de la guerre d’Algérie, pendant laquelle des officiers théoriseront le concept de « guerre révolutionnaire ».

Dès la fin des années 1950, les méthodes de la « Bataille d’Alger » sont enseignées à l’École supérieure de guerre de Paris, puis en Argentine, où s’installe une « mission militaire permanente française » constituée d’anciens d’Algérie.

Vous trouverez ci-dessous la partie du dernier chapitre de l’ouvrage de Marie-Monique Robin
Escadrons de la mort, l’école française [1] qui concerne l’Algérie des années 1990.

 
l’amnistie générale en Algérie serait un déni de justice

par Nassera Dutour, porte-parole du Collectif des familles de disparu(e)s en Algérie.

[Le Monde, le 4 mars 2005]

 
Amnesty International : un référendum organisé pour effacer les crimes du passé

Communiqué de presse d’Amnesty International

Lundi 22 août 2005

[Index AI : MDE 28/010/2005 [2].]


 
Algérie : la caravane contre l’oubli à Paris le 24, à Marseille le 26, et à Toulon le 27.

La « caravane » du Collectif des familles de disparu(e)s en Algérie sera à Paris le 24 septembre, à Marseille le 26, et à Toulon le mardi 27 septembre (sans doute l’après-midi).

Contact : Nassera DUTOUR (porte-parole)
Collectif des familles de disparu(e)s en Algérie (CFDA)
c/o Maison des associations
181 avenue Daumesnil
75 012 Paris.

Tél/fax : 00 (33) 1 43 44 87 82

Pour Toulon : 06 63 76 44 95

 
le Collectif des Familles de Disparu(e)s en Algérie

Une présentation du collectif.

Contact : Nassera DUTOUR (porte-parole)
Collectif des familles de disparu(e)s en Algérie (CFDA)
c/o Maison des associations
181 avenue Daumesnil
75 012 Paris.

Tel : 00 (33) 1 43 44 87 82

 
déclaration commune des organisations de familles de disparus et de victimes du terrorisme en Algérie

Le projet de charte pour la paix et la réconciliation nationale du président Bouteflika suscite leur indignation : l’assurance de l’impunité s’oppose à l’exigence de vérité et de justice.

Voici la déclaration commune que SOMOUD [3], ANFD [4] et SOS-Disparu(e)s [5] ont rendu publique, samedi 20 août 2005, lors d’une conférence de presse tenue à Alger au siège de SOS-Disparu(e)s à Alger.

 
comment la charte organise l’impunité

Ci-dessous les parties I et IV de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale proposée par le président Bouteflika.
 [6]

 
SOS-Disparu(e)s : les folles d’Alger

Jean-Paul Mari a publié dans le Nouvel Observateur n° 2086, du 28 octobre 2004, un article consacré à l’Algérie « [...] au lendemain d’une guerre civile d’une violence inouïe qui a fait entre 100 000 et 200 000 victimes » [7].

En voici l’extrait consacré aux militant(e)s de l’association SOS-Disparu(e)s [8].

 
le collectif des familles de disparus en Algérie a été reçu en mairie de Toulon

Le collectif a été reçu en mairie de Toulon, pendant une heure, mardi après-midi. Hubert Falco était représenté par Hélène Noir, adjointe en charge de la communication.

Pour en savoir plus sur la rencontre en mairie.

 
Algérie : le droit à la vérité et à la réparation

Deux experts de l’ONU s’expriment sur la tenue prochaine d’un référendum sur la Paix et la Réconciliation.

Ils rappellent qu’aucun plan de paix ne peut ignorer le droit à la vérité et à la pleine réparation des victimes.

 
ces cris qu’on enterre

Le président Bouteflika entend rayer de la mémoire collective plus d’une décennie de guerre civile. Mais beaucoup d’Algériens ­ qu’ils soient rescapés ou proches de disparus ­ refusent cette amnésie forcée. Et ne voteront pas en faveur de la charte pour la paix et la réconciliation soumise jeudi à référendum.

Par Christophe BOLTANSKI à Sidi Moussa - [Libération, mardi 27 septembre 2005]

 
Algérie : la nouvelle loi d’amnistie assure l’impunité aux responsables des atrocités

[Paris, le 1er mars 2006] Un décret présidentiel assurera en Algérie, l’impunité aux responsables de crimes au regard du droit international et d’atteintes graves aux droits humains. En outre, comme le déclarent quatre organisations de défense des droits de l’Homme aujourd’hui, tout débat sur cette question sera désormais impossible, la discussion publique sur le conflit qui a déchiré le pays pendant plus d’une décennie étant explicitement criminalisée dans ce texte .

Les organisations signataires sont Amnesty International (AI), Human Rights Watch (HRW), le Centre international pour la justice transitionnelle (ICTJ) et la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH).

 
« oui à la justice, non à l’impunité ! », une pétition contre l’auto-amnistie en Algérie

L’autoamnistie a déjà été tentée ailleurs, et partout elle a connu l’échec. Car nul ne peut disposer du pouvoir d’effacer l’histoire. Il ne peut y avoir de paix et de réconciliation sans vérité ni justice. Le peuple algérien connaît son histoire et aucune manœuvre ne peut effacer des crimes imprescriptibles. Vouloir lui imposer le silence par la menace est strictement illusoire.

 
Algérie : interdiction d’un séminaire international sur les disparitions forcées

L’Action des Chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT-France), la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), dans le cadre de leur programme conjoint, l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, expriment leur plus vive préoccupation à l’égard de l’interdiction d’un séminaire sur les disparitions forcées à Alger.

En effet, le 7 février 2007, les forces de police ont empêché la tenue d’un colloque intitulé « Pour la Vérité, la Paix et la Conciliation », organisé par le Collectif des familles de disparus en Algérie (CFDA), SOS Disparus, Djazairouna, l’Association nationale des familles de disparus (ANFD) et Somoud.

 
Algérie : enterrer le dossier des disparus ?

Les « disparus » sont des personnes qui ont été enlevées, dans leur écrasante majorité, par les services de sécurité, essentiellement entre 1992 et 1997. Ils se comptent par milliers et leur sort reste toujours inconnu. Certains disparus avaient été enlevés par des groupes armés islamistes. Le sort de beaucoup d’entre eux reste également inconnu à ce jour. Mohamed Smaïn, dirigeant de la Ligue algérienne de Défense des Droits de l’Homme explique les rouages de l’oubli.


L’interview, réalisée le 21 septembre 2007, par Yassin Temlali, est reprise du site Babelmed.net [9].

 
brutalités policières à Alger contre des mères de “disparus”

Plusieurs milliers de “disparus” ont été enlevés, pour la plupart entre 1992 et 1997, le plus souvent par des services de sécurité, mais certains par des groupes armés islamistes. Leur sort reste toujours inconnu – lire l’entretien avec Yassin Temlali publié en septembre 2007. A l’occasion d’un voyage de sensibilisation de la population française, une délégation de ces mères de disparus avait été reçue en mairie de Toulon, il y a quelques années.

Aujourd’hui, les autorités algériennes semblent décidées à en finir avec les rassemblements hebdomadaires qui se tiennent chaque mercredi depuis 12 ans, devant le siège de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l’homme (CNCPPDH). Le 4 août d’abord, puis le 11, les forces de l’ordre été particulièrement violentes à Alger.

Les autorités voudraient « tourner la page », mais les familles des disparus demandent la vérité sur le sort de leurs proches qui ont disparu. Pour pouvoir tourner la page, il faudrait d’abord qu’elle ait été écrite !

Dans un communiqué publié à Alger le 11 août 2010, Fatima Yous, présidente de SOS Disparus, appelle à un nouveau rassemblement mercredi prochain 18 août devant la CNCPPDH.

[Mise en ligne le 13 août 2010, mise à jour le 16]


 
solidarité avec les mères de disparus à Alger

En réaction à la brutale interdiction du rassemblement hebdomadaire des familles de disparus à Alger.

Rassemblement devant l’Ambassade d’Algérie
50 rue de Lisbonne, 75008 Paris
Mercredi 25 août 2010, de 17h30 à 19h30


 
Algérie : les victimes des violences des années 1990 élaborent une contre-charte

Une coalition de cinq ONG algériennes a commémoré à sa manière le cinquième anniversaire de l’adoption par voie référendaire de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale le 29 septembre 2005. Une contre-charte élaborée et rédigée par les victimes des violences a en effet été adoptée lors d’un vote symbolique, le 25 septembre 2010 à 15h, devant l’ambassade d’Algérie à Paris.

Le document, daté du 22 septembre, et intitulé « Projet de charte pour la vérité, la paix et la justice », a été cosigné par le Comité des familles de disparus en Algérie (CFDA), SOS Disparus, Djazaïrouna et Somoud, ONG fédérées en « Coalition d’associations de victimes de terrorisme et de disparitions forcées ». Il est repris ci-dessous dans son intégralité.

 
rassemblement à Alger de familles de disparus pour le 5e anniversaire de la charte

Les familles des disparus ont célébré, à leur manière, le cinquième anniversaire de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, adoptée le 29 septembre 2005. Bravant l’interdiction les familles sont parvenues à se rassembler à Alger-Centre, et, contrairement aux réunions précédentes, elles n’ont pas subi de violences de la part des policiers.

Un reportage de Ghania Oukazi, publié dans Le Quotidien d’Oran le 30 septembre 2010.

 
“la tragédie des « disparus » en Algérie”, par Robert Fisk

Alors que les émeutes s’étendent en Algérie – voir le site Algeria-Watch – un article de Robert Fisk, « The tragedy of Algeria’s ’disappeared’ », publié le 20 décembre dernier dans The Independant et repris ci-dessous en traduction française, rappelait un autre aspect du malaise algérien : la volonté du pouvoir d’occulter les crimes de la décennie noire des années 1990 – pudiquement désignée par l’expression “La tragédie nationale”.

 
Algérie : mobilisation de la société civile contre les atteintes aux droits

Après une semaine passée à Alger, au cours de laquelle il a rencontré des officiels et des représentants d’organisations de la société civile, le rapporteur spécial des Nations Unies sur le respect de la liberté d’opinion et d’expression, Frank La Rue, a donné une conférence de presse le 17 avril 2011 à El Biar pour présenter ses conclusions et recommandations préliminaires à la fin de sa visite en Algérie. La version définitive de son rapport sera présentée en 2012 au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies.

Frank La Rue s’est dit « préoccupé » par l’article 46 de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale adoptée en 2005 : « il ne peut pas y avoir de réconciliation si on impose le silence » a-t-il déclaré. « La paix doit être fondée sur le droit à la vérité et le droit à l’accès à la justice pour la victime. Dans le cas des disparitions forcées, ces droits ont une importance particulière ».

Remarquant que depuis la levée de l’état d’urgence, plusieurs manifestations pacifiques ont été interdites par le gouvernement qui s’appuie sur un décret de 2001 interdisant les marches à Alger – la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD) a été à nouveau empêchée de marcher à Alger le 16 avril – le rapporteur de l’ONU a demandé au gouvernement algérien de ne pas recourir à la force contre des manifestations pacifiques, et de reconnaître le droit pour les familles des disparus de s’exprimer publiquement.

 
l’UE invitée à défendre les droits de l’Homme en Algérie

Dans une lettre ouverte adressée à l’Union européenne, quatre organisations – REMDH, LADDH, CFDA, SNAPAP] – lui demandent de ne pas sacrifier les droits de l’homme sur l’autel des transactions économiques. Elles appellent l’Union européenne « à demander publiquement la fin de la répression des manifestations pacifiques en Algérie et à exprimer ainsi clairement son soutien à la société civile autonome algérienne ».

Concernant la question des disparus, elles dénoncent « les entraves mises par les autorités à l’accès à la vérité, à la justice et à une réparation pleine et entière ». La lettre fustige le code de la famille en vigueur qui « ne garantit pas l’égalité effective entre les femmes et les hommes » et déplore que l’exercice du culte soit « toujours soumis à de fortes restrictions malgré les dispositions contenues dans la Constitution ».

] REMDH : Réseau euro-méditerranéen des droits de l’Homme
LADDH : Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme
CFDA : Collectif des familles des disparu(e)s en Algérie
SNAPAP : Syndicat National autonome des personnels de l’administration

 
marche pour les disparus : tous contre l’impunité en Algérie

La Coalition d’associations de victimes des années 1990 – constituée de : Collectif des familles de disparus en Algérie (CFDA), Sos Disparus, Djazairouna, Somoud – appelle à une marche pour les disparus, allant du métro Belleville à la Place de la République, samedi 8 octobre 2011 (départ à 15 h).
A partir de 17h, rassemblement Place de la République, avec prise de parole et musique. [10]

Dans le contexte des révolutions du monde arabe, la Coalition réaffirme que
la lutte contre l’impunité est partie intégrante de celle pour le changement et la démocratie.

 
le général Nezzar rattrapé en Suisse par une plainte pour « crimes de guerre »

L’ancien ministre de la défense et ex-homme fort du pouvoir algérien, le général Khaled Nezzar, a été interpellé lors de son passage à Genève jeudi 20 octobre 2011. Khaled Nezzar a été ministre de la défense entre 1990 et 1994. Selon l’ONG suisse TRIAL, c’était l’un des hommes les plus puissants du régime algérien à l’époque de la guerre civile.

Le ministère public a ouvert une instruction « pour suspicion de crimes de guerre », « sur la base d’une dénonciation de l’ONG suisse TRIAL, appuyée par les plaintes de deux victimes », selon une porte-parole du ministère public. Les crimes reprochés se sont déroulés « dans le contexte du conflit civil algérien, qui de 1992 à 1999, a opposé divers groupes islamistes au gouvernement ». Nezzar a été remis en liberté vendredi soir, après avoir été « prévenu » (l’équivalent d’une mise en examen). L’instruction se poursuit.

François Gèze rappelle ci-dessous les responsabilités de ceux qui ont mis en place « un véritable terrorisme d’État [...] qui a frappé la société algérienne dans les années 1990, au prix de quelque 200 000 morts, dont au moins 20 000 victimes de “disparations forcées” du fait des “forces de sécurité” » [11].

 
le prix Oscar Romero décerné à Nassera Dutour

La présidente du Collectif des familles de disparus en Algérie (CFDA) reçoit le prix Oscar Romero. Décerné par Rothko Chapel, une institution qui s’engage à promouvoir les droits humains et la compréhension interconfessionnelle, le prix qu’a reçu Nassera Dutour, le 13 novembre dernier, récompense sa lutte inlassable pour la vérité sur le sort de 7 000 hommes et femmes disparus en Algérie.

Le prix Oscar Romero, du nom de l’archevêque de San Salvador assassiné en 1980 pour ses années de lutte contre l’exploitation des pauvres au Salvador, est décerné à des personnes ou des organisations en reconnaissance de leur implication dans le domaine des droits de l’Homme.

 
à la suite des protestations qui ont suivi son incarcération, Mohamed Smaïn est remis en liberté

Des ONG et des intellectuels se sont mobilisés en Algérie pour dénoncer l’incarcération du militant des droits de l’homme algérien Mohamed Smaïn incarcéré à Relizane. Les autorités algériennes ont ainsi empêché sa venue en France, alors qu’il est partie civile dans un procès contre deux anciens miliciens algériens poursuivis pour torture.

Une pétition a été lancée dont les signataires rappellent que Mohamed Smaïn, ancien vice-président de la ligue algérienne de défense des droits de l’homme est une « figure nationale dans la lutte pour la vérité sur le sort des disparitions forcées » pendant la décennie noire. Cela lui a valu d’être condamné à deux mois de prison pour dénonciation de « crimes imaginaires », condamnation confirmée par la cour suprême d’Alger en octobre 2011 après dix années de harcèlement judiciaire, la cour ayant refusé le pourvoi en cassation. La plainte avait été déposée par Mohamed Fergane, l’ancien maire de sa ville Relizane, qui dans les années 1990 dirigeait la milice responsable d’actes de tortures, d’assassinats et de disparitions forcées.

La pétition rappelle que 210 citoyens enlevés à Relizane ont disparu et que des charniers où gisent des disparus ont été localisés et des restes humains exhumés et identifiés. Mohamed Smaïn, âgé de 70 ans, a été arrêté le 19 juin dernier à Relizane pour l’exécution de sa peine, au mépris du recours en grâce qui avait été déposé en raison de son état de santé – il a subi un triple pontage coronarien et souffre d’un cancer de la prostate.

Pour Me Patrick Baudouin : “L’omerta est totale en Algérie sur les crimes de la décennie noire [12]

Mise à jour

  • Mohamed Smaïn a été libéré le 6 juillet [13]
  • Le 5 juillet gâché à Alger : arrestation de militants et interdiction de manifester [14].



[Mis en ligne le 1er juillet 2012, mis à jour le 9]


 
les “disparitions forcées” de la décennie noire en Algérie

Un article de Michel Piolat repris de la rubrique Résistances et droits de l’Homme en Algérie du site de la section LDH d’Aix-en-Provence.

 
Algérie : les droits des familles de disparus

La question des disparus est toujours tabou en Algérie. À Alger et Oran, le 10 décembre 2012, les forces de l’ordre ont empêché les rassemblements de familles qui demandaient ce qu’il est advenu de leurs proches disparus au cours de la guerre civile des années 1990.

« Un pouvoir est légitime dans la mesure où il n’entre pas en contradiction avec certaines lois supérieures de l’humanité [...] : le respect des vivants et des morts, l’hospitalité, l’inviolabilité de l’être humain, l’imprescriptibilité de la vérité. Elles énoncent les valeurs qui permettent à une communauté politique de dire le droit et la justice, et qu’un gouvernement ou un Etat doivent donc sauvegarder à tout prix. De telles lois non écrites sont au-dessus de toute législation de circonstance [...]. C’est pourquoi, dès lors que les citoyens constatent une flagrante contradiction entre les deux, ils ont pour devoir de porter le conflit sur la place publique, en proclamant leur obéissance aux lois non écrites. »
Etienne Balibar, « État d’urgence démocratique »


 
les droits de l’Homme en Algérie

A l’occasion de la visite officielle de Jean-Marc Ayrault en Algérie, plusieurs associations l’interpellent à propos du (non) respect des libertés démocratiques dans le pays. Dans une lettre ouverte adressée au premier ministre, elles mentionnent notamment les libertés syndicales et le sort des victimes des disparitions forcées pratiquées par des agents de l’État, sous prétexte de lutte anti-terroriste au cours des années 1990.

Elles rendent hommage au combat du Collectif des familles des disparu(e)s en Algérie (CFDA) dont le courage et la détermination n’ont jamais faibli.

 
Algérie : les familles de disparus dénoncent l’autoritarisme et l’impunité

Dans une déclaration publique à l’occasion de l’élection présidentielle, les familles de disparus estiment que « seul un régime démocratique permettrait de répondre » à leur « légitime revendication de Vérité et de Justice ». Pour elles, le problème de fond réside essentiellement dans la nature du régime en place, qualifié « d’autoritaire ».
Elles appellent les Algériennes et les Algériens « à soutenir et à relayer la lutte qu’elles mènent depuis de nombreuses années contre l’impunité, pour le droit à la Vérité, à la Justice et à la Mémoire ».

Ci-dessous, un communiqué de SOS Disparus, suivi d’une déclaration en décembre dernier de Nassera Dutour.

 
deux ex-miliciens algériens devaient être jugés en France pour des faits commis pendant les années noires ...

Deux anciens miliciens algériens devaient être jugés par la justice française pour des crimes commis durant les années noires en Algérie. Hocine et Abdelkader Mohamed, deux frères algériens résidant en France, sont accusés de graves violations des droits de l’homme pendant la guerre civile des années 1990.

Les milices de la wilaya de Relizane se seraient en effet signalées par leur zèle à systématiquement torturer les personnes arrêtées, dans le but de leur extorquer des informations sur les groupes terroristes recherchés. Ils faisaient ensuite disparaître leurs victimes. Parmi les personnes désignées par les témoins et les familles de victimes : Hocine et Abdelkader Mohamed, deux frères originaires de Relizane, qui résident maintenant près de Nîmes, et qui nient les faits.

La première plainte avait été déposée en octobre 2003 par la FIDH, la LDH et le CFDA, auprès du parquet de Nîmes, au nom de sept victimes et familles de victimes.
Mais les crimes commis pendant la décennie noire – qui a fait entre 100 000 et 200 000 morts – sont couverts par la Charte pour la paix et la réconciliation adoptée en 2005. Cette amnistie, qui couvre les exactions provoquées par les combats entre islamistes et forces de sécurité, interdit également, sous peine de prison, toute évocation publique de la période de la guerre et des responsabilités.

Dernière minute" - Volte face du Parquet général qui s’oppose à la tenue rapide d’un procès.

[Première mise en ligne le 10 janvier 2015, mise à jour le 30 septembre 2015 puis le le 24 août 2016]


 
Algérie : appels à l’armée et transition démocratique

Dans une Algérie plongée dans une crise multiple et profonde, la scène politique se caractérise par une agitation tous azimuts. De nombreuses initiatives voient le jour, des regroupements politiques sont esquissés, des personnalités s’engagent, etc.
Le document que nous publions émane d’intellectuels engagés dans la défense des libertés démocratiques et des droits humains. Ils tiennent à rappeler qu’une sortie de crise en Algérie ne peut occulter la question de la place et du rôle de l’armée qui contrôle tous les rouages du pouvoir depuis l’indépendance en 1962. [15]