Histoire coloniale et postcoloniale

Ci-dessous, les articles les plus récents, concernant des rencontres, publications d’ouvrages, manifestations, expositions, ou proposant des réflexions sur les questions abordées par ce site.

publié le mardi 21 janvier 2020

Les études sur l’histoire coloniale et sur les traces qu’elle a laissées en France sont bien vivantes, en dépit des lamentations de ceux que ce travail nécessaire dérange dans leurs certitudes. Nombreux sont les chercheuses et les chercheurs travaillant sur ces sujets. Et leurs recherches sont indispensables à la compréhension d’une partie des difficultés de la société française — qui connait aussi d’autres formes de racisme et d’exclusion. Plusieurs rencontres sont organisées : à La Colonie, à l’Ecole normale supérieure et au centre Panthéon-Sorbonne, à l’Hôtel-de-ville de Paris et au Centre Condorcet à Aubervilliers, ainsi qu’aux archives de la Guadeloupe. Des échanges utiles pour nous aider à assumer l’héritage du passé colonial.

publié le lundi 20 janvier 2020

Après la publication par l’Express le 24 décembre 2019 d’un article intitulé « Les obsédés de la race noyautent le CNRS », suivi sur son site d’un texte collectif à l’initiative de Laurent Bouvet et Pierre-André Taguieff, « Les bonimenteurs du postcolonial business en quête de respectabilité académique », les deux intellectuels qui enseignent aux Etats-Unis, Alain Mabanckou et Dominic Thomas, réagissent dans un texte que le site de l’Express a publié le 16 janvier 2020 et que nous reproduisons. Nous donnons en même temps le lien vers un article d’Achille Mbembe, ainsi que vers l’article qui a répondu à celui de l’Express sur le blog Pascal Blanchard-Achac de Mediapart, et signalons l’ouvrage Sexualités, identités & corps colonisés publié par CNRS Éditions en 2019 ainsi que le dernier livre de l’Achac.

publié le vendredi 17 janvier 2020

Le premier des engagements de l’historien Pierre Vidal-Naquet fut son engagement anticolonialiste, qui l’a conduit à publier en 1958 son premier livre, L’Affaire Audin, pour dénoncer, à travers le cas de ce jeune universitaire membre du parti communiste algérien, la torture et les disparitions forcées pratiquées par l’armée française durant la guerre d’Algérie. Ce combat qu’il a continué durant toute sa vie est décrit par François Dosse dans la biographie qu’il lui a consacré aux éditions La Découverte. Nous publions sa présentation par l’éditeur ainsi que l’article de l’historien Gilles Manceron publié à son sujet par le quotidien l’Humanité le 16 janvier 2020.

publié le vendredi 10 janvier 2020

L’artiste plasticienne Zineb Sedira a grandi à Gennevilliers où ses parents ont émigré en 1961 depuis Bordj Bou Arreridj en Algérie. Elle a fait des études d’art en Angleterre, à la Central St Martin’s School of Art, la Slade School of Art, puis au Royal College of Art. Travaillant d’abord la photographie, la vidéo et les installations, elle a produit ensuite des objets et des sculptures. Ses œuvres témoignent d’un intérêt pour l’histoire coloniale et postcoloniale. Elle vit aujourd’hui à Londres mais travaille entre Alger, Londres et Paris. A Alger, elle a fondé l’Artist residency in Algiers (Aria), une résidence d’artistes qui soutient la création contemporaine.

publié le lundi 6 janvier 2020

« Algérie du possible » : c’est le titre du très beau film consacré par sa fille, la réalisatrice Viviane Candas, à l’histoire d’Yves Mathieu (1924-1966), avocat et militant communiste et anticolonialiste, « Pied-rouge », mort dans un douteux « accident » automobile impliquant un camion militaire, en mai 1966 dans le Constantinois. A l’heure où des « possibles » sont à nouveau ouverts en Algérie, nous proposons ici, outre le film lui-même, deux recensions publiées lors de sa sortie en 2016 et un débat filmé relatif à l’expérience autogestionnaire algérienne. Une expérience dont Yves Mathieu fut un acteur majeur et sur laquelle le film de Viviane Candas apporte, à l’aide d’images d’archives et de témoignages inédits, un éclairage précieux.

publié le dimanche 5 janvier 2020

Voici les vidéos présentant les principaux moments de la journée d’études du 20 septembre 2019 à l’Assemblée nationale sur les disparus de la guerre d’Algérie du fait des forces de l’ordre françaises. Après les introductions de Stéphane Peu, député de Seine-Saint-Denis, et de Pierre Audin, trois sessions ont porté sur l’Histoire, les Archives et la Justice, présidées respectivement par Benjamin Stora, Isabelle Neuschwander et Jean-Marie Delarue, président de la Commission nationale consultative des droits de l’Homme (CNCDH). Henri Leclerc en a présenté les conclusions.

publié le vendredi 3 janvier 2020

Arte diffuse le 7 janvier 2020 le documentaire Décolonisations. Le bouleversement mondial, réalisé par Karim Miské et Marc Ball, accompagnés dans l’écriture par l’historien Pierre Singaravélou. Il comprend trois volets : 1. L’apprentissage ; 2. La Libération ; 3. Le monde est à nous ; qui sont visibles en avant-première sur le site d’Arte et y resteront jusqu’au 3 mars 2020. Miské, Ball et Singaravélou ont expliqué au Point Afrique que leur film inverse le regard en choisissant de raconter, du point de vue des colonisés et à contre-courant de l’histoire officielle des colonisateurs, cent cinquante ans de combats contre la domination coloniale. Leurs propos ont été recueillis par Hassina Mechaï.

publié le samedi 28 décembre 2019

De 1962 à 1985, dans le cadre de la politique à l’initiative de Michel Debré, 2 015 enfants réunionnais ont été déracinés de l’Ile de la Réunion et disséminés dans des régions rurales françaises. Sans réel suivi auprès des familles dans lesquelles ils ont été répartis et où beaucoup ont été maltraités par la suite. Lors de la remise, en avril 2018, d’un rapport sur ce sujet, la ministre des Outre-mer avait annoncé des mesures. Fin 2019, rien n’a avancé. Ces enfants de la Réunion devenus des adultes n’oublient pas. Ils demandent justice et leurs revendications se font plus politiques.

publié le dimanche 22 décembre 2019

Lancée fin 2019, la revue quadrilingue, « Esclavages & Post-esclavages », consacrée à l’esclavage et à sa persistance après ses multiples et souvent partielles abolitions, témoigne de l’intérêt croissant pour les études décoloniales. Dirigée par Myriam Cottias, directrice du Centre international de recherches sur les esclavages et post-esclavages (Ciresc), et Céline Flory, c’est la première en France à aborder ces questions. Comme l’explique dans son premier numéro l’historien Paulin Ismard, auteur de La Cité et ses esclaves (Seuil, 2019), la France souffre d’un net retard dans leur étude. Il est probablement révélateur d’une forme de gêne et de déni vis-à-vis d’une question qui a été très présente pendant plus de deux siècles dans son histoire et son développement.

publié le vendredi 13 décembre 2019

Le passé de la guerre d’indépendance ne cesse de faire retour en Algérie à l’occasion du hirak, un mouvement populaire inédit qui remet en question les hégémonies et les récits qui ont commencé à se mettre en place dans ce pays durant cette guerre. L’histoire vient percuter l’actualité récente. Alors que le 12 décembre 2019 a eu lieu une élection présidentielle contestée, Benjamin Stora rappelle que la veille, le 11 décembre, est l’anniversaire d’un autre épisode qui a vu, en 1960, l’irruption du peuple algérien sur le devant de l’histoire.